Archives de catégorie : Anecdotes

Les cafteurs

Conseil de classe. 6e4.
Après un tour de table.

— Bon, les délégués élèves, vous avez des remarques ?
— Heu… les cartables sont trop lourds…
— Oui, mais encore ?
— Ben… à la cantine, les 3e y nous passent toujours devant…
— C’est pas normal ça. On va en reparler. Vous avez autre chose ?
— Oui… heu… M’sieur… en technologie, y dit des gros mots.
— Bon, c’est tout ?
— Oui.
— Bien, m’sieur… vous voulez intervenir ? Visiblement vous êtes mis en cause.
Y fait de l’humour le Principal.
Et comment que j’veux !
Les p’tits fumiers ! Me mettre en cause. En plein conseil de classe !
Devant les collègues, le Principal, les parents d’élèves.
La honte.
Moi qui suis une crème de prof.
Jamais une heure de retenue, jamais un contrôle surprise.
Jamais de travail à la maison. Toujours à les faire marrer.
Et là, le coup de poignard.
Le croche-patte.
J’ai rien préparé.
Que dire ?
On aurait pu parler du poids des cartables, de la cantine.
Ça m’aurait laissé un peu d’temps.

— Oui, je souhaiterai… heu… évidemment, réagir à cette remarque.
L’expérience m’a appris qu’il fallait bien souvent réagir inversement
à ce que nous dictent nos pulsions.
En l’occurrence, mes pulsions me suggèrent de leur mettre une bonne tarte. Aux délégués.
— Et tout d’abord, j’aimerai féliciter les délégués, pour leur usage bien compris du droit d’expression.
Tu parles !
Le droit d’expression.
Ça, leurs droits, ils les connaissent par cœur !
Mais les devoirs. Et le devoir de réserve ? En conseil de classe ?
— Ils viennent de nous donner un bel exemple de citoyenneté.
Ça, c’est un mot à la mode. Ça fait toujours bien de l’placer. Ça fait prof.
— Et il fallait un certain courage, pour faire ce type de remarque.
Du courage. En conseil ? Aucun risque pour eux.
Mais attends voir, demain. Les représailles.
— En effet, vous avez raison, il peut m’arriver d’utiliser des mots grossiers.
Oui, ça c’est vrai.
Mais de quoi on parle ?
Oui, j’dis merde de temps en temps. Mais c’est tout.
Peut être une fois, j’leur ai dit : vous commencez à me faire chier !
C’est vrai qu’c’était sûrement trop. Mais bon, doit-on brider les élans du cœur ?.
— Sachez que je suis sincèrement désolé, si j’ai pu vous choquer.
Les choquer, eux ?
Mort de rire.
Hier, je leur ai dicté le mot suspension. Sus… pension.
Toute la classe s’est marrée.
J’ai demandé pourquoi, avec un air naïf. Personne n’a répondu. Pourquoi ?
C’est moi qui étais choqué.
— Et je m’en excuse.
Ça c’est important de le faire. Même à contre cœur
— D’autre part, je m’engage à l’avenir, à être plus attentif à mon langage.
Voilà. L’auto-flagellation, c’est fait.
Mais j’peux pas en rester là.
J’suis un peu vexé quand même.
J’veux déconner un peu.
J’sens qu’j’ai la verve.
J’me lance. Sans filet. Advienne que pourra.
— Toutefois, pour conclure, j’aimerai ajouter quelque chose.
Je vous rappelle que nous sommes ici dans un collège.
Et que notre rôle est de vous préparer au monde qui nous entoure.
Et ce monde, c’est pas Eurodisney.
Il est parfois grossier. Et dur.
L’utilisation mesurée de mots grossiers en classe vous prépare donc à ce qui vous attend.
En ce sens, ces mots grossiers ont à mes yeux, des vertus pédagogiques.
Voilà, m’sieur le Principal, c’est tout.
Gonflé.
Et très discutable.
Le principal sourit mais n’intervient pas.
Et s’adressant aux délégués :
— Ça vous va ?
— Oui, très bien.

J – 1

Le 6 juin 1944, les américains débarquaient en Normandie.
Le 8 janvier 2007, 300000 profs partent à l’assaut des collèges.
On sait qu’il y aura du carnage, du sang, des larmes, et des vols de craie.
Mais c’est le job.
Et la veille, comme pour les GIs, la tension est palpable.
Je tourne en rond dans mon 50m2.
Surtout ne rien oublier.

Et pour commencer : faut qu’j’retrouve mon cartable.
Au gré du passage de l’aspirateur, j’sais plus ce que j’en ai foutu.
Tiens le v’la.
Je suis fébrile. Je l’ouvre. Tiens, y’a encore une mandarine.
La trousse, les cours, l’aspirine, la game-boy, tout y est.
Et même une pochette pleine de copies à corriger.
Putain, j’les avais oubliées celles la ! J’les corrigerai ce soir. Devant la télé.
Un p’tit coup de chiffon. L’arme doit toujours être impeccable.

Les fringues maintenant.
Un vieux jean tout pourri. En tout cas, suffisamment pour qu’on m’confonde pas avec le Principal. Mais pas trop, qu’on m’confonde pas avec les élèves.
Un pull, bien ample, une chemise à carreaux, des chaussures, bien larges pour le confort du pied.
Enfin bref, le costume de prof. Finies les belles fringues des vacances qui font mon succès dans le quartier.
Un prof banalisé quoi.

Préparation physique.
Un gommage, un masque désincrustant, une épilation. Partielle mais j’dis pas où.
Et une douche. J’fais un vœu, c’est la première d’l’année.
Faut soigner tout ça, parce que les gamins, y remarquent tout.

Préparation mentale.
Se rappeler en quoi consiste ce boulot.
Pratiquer la respiration ventrale, pour éviter le pétage de plomb.
Se dire qu’on fait l’plus beau métier du monde. Et pas l’plus vieux.

Voila. J’suis prêt.
Et pourtant, y m’semble que j’oublie quelque chose.
Mais quoi ?

Ah merde, ma carte de cantoche !

Ma vocation

Devient-on prof par vocation ?

Ben moi non.
Mais alors vraiment pas.
J’voulais être routier.
Ou conduire des trains.
D’ailleurs, aujourd’hui, j’habite juste à coté d’une gare.
La nuit, j’adore entendre les crissements des trains.
Mes copines, ça les faisait chier.
C’est pour ça qu’j’suis célibataire : c’est soit l’train soit l’train-train.

En fait, j’ai joué de malchance, j’étais bon en maths.
Ça, j’le souhaite à personne.
Tu parles d’une poisse.
La, si ça s’trouve, j’serais au Pérou, ou au Guatemala, en train de livrer des armes.
Putain, quel échec, quel looser !
J’vous jure, y’a des jours, si j’m’écoutais, j’irais passer le permis poid-lourd.
Mais j’suis comme mes élèves : j’m’écoute pas.
Et puis, j’suis pas con non plus.
En tout cas, les conseillers d’orientation, j’vous dis pas merci !

J’m’imagine parcourant la Russie, la Chine, le Sahara, l’Auvergne.
En écoutant de la zique. Le cerveau en mode éco. Avec un calendrier de Clara Morgane qui fait le pendule. Le rêve quoi.
Remarquez, prof ou routier, c’est un peu pareil. À part l’calendrier bien sûr. On t’file les clés, le programme, et après tu t’démerdes. C’est sûr que 30 élèves peuvent être aussi difficiles à manier que 30 tonnes.

Sans compter que j’ai des prédispositions : j’aime la bière, j’dis des gros mots et j’regarde les nichons des collègues. J’comprends pas qu’ça ait pu échapper aux conseillers d’orientation.
Enfin, ça, j’espère qu’ça échappe aux collègues, sinon j’vais finir par passer… pour c’que j’suis !

Allez, un p’tit tour de camion. Vous montez ?
Vrouuuuum, vrouuuuum, tutuuuuut, tutuuuuuut…

Un peu de régression, c’est pas interdit non ?

PS : bon, la, j’ai un peu honte. Mais bon, un peu de honte, c’est vite passé.

La colère de Robert

Robert déboule en salle des profs.
Il semble très en colère.
L’émotion est vive. Jugeons-en plutôt.

— Y m’ont collés une heure supplémentaire !
— Non, c’est pas vrai !
— Si, et juste le vendredi, tu vois, de 4 à 5.
Putain, j’suis dégoûté.
Tu t’rends compte, j’viens travailler pour une heure !
Ah les cons !
— Et ça t’fais combien d’heures du coup ?
— 8,5.
— C’est vrai qu’c’est pourri. 8,5 heures. Quand tu penses que dans l’privé, y font ça en une journée, et que les mecs s’révoltent même pas !
— J’vais m’foutre en arrêt maladie, ça va pas trainer. Les gamins, j’vais te les foutre devant l’ordinateur, Ils iront sur internet. Rien à foutre. On n’est pas des chiens quoi !
— Appelle le rectorat.
— Mais non, la première heure sup, tu peux pas la refuser !
— C’est une honte.
Remarque, en même temps, ça te f’ras des ronds en plus.
— Attends, tu crois qu’je bosse pour le fric moi ?
— Ben, tu bosses pour quoi ?
— La transmission du savoir, pourquoi ?
— Et ben tu vois, tu peux transmettre une heure de plus.
— Très drôle. Ça m’amuse pas du tout.
J’vais leur foutre le SNES au cul, tu vas voir.
— Qu’est-ce que tu veux qu’y fasse le SNES ?
— Dis, j’leur paye ma cotisation, peuvent bien s’fendre d’un entretien avec le principal !
— Putain, j’y pense, ma cotisation au SNES. J’l’ai pas payé. Y m’ont envoyé un rappel.
Y paraît qu’à la deuxième injonction, y peuvent te virer du syndicat.
— Tu déconnes ? Non, c’est pas possible ça.
— De fait, dans la fonction publique, y’a que du syndicat qu’on peut t’virer.
— Sans syndicat, qu’est-ce qu’y nous reste ?
— Putain moi, j’prends le maquis !
— Et pour ton heure sup ? Tu vas faire quoi ?
— J’vais en profiter pour nettoyer ma kalachnikov.

Mots d’élèves

Mais oui, j’suis un prof sympa.
Allez, un peu de narcissisme, ça fait du bien.

1) Monsieur le prof,
On vous adore.
Vous êtes un prof génial et exceptionnel !
Cette année a été merveilleuse avec vous mais aussi avec tous les 3B.
Ne changez pas car vous êtes super !
Espérons que tout vous réussisse car vous le méritez vraiment beaucoup !!!
Ce serait bien que tous les profs aient votre humour et votre gentillesse.
Vos prochains élèves auront de la chance de vous avoir
et je suis un peu jalouse d’eux !
J’aimerais bien faire encore une année avec vous car je vous adore !
Je suis ravie de vous avoir rencontré !
1000 fois merci !
Que du bonheur pour la suite et j’espère vous revoir (même vous croiser quelque part).
à bientôt.
Au revoir.
Merci de nous avoir appris tout cela, car avec vous, ça m’a plu la techno…

2) Je vous adore. Vous êtes trop sympa.
Vous êtes le seul prof à sortir tout le temps des blagues.

3) Au revoir. Vous allé me manqué !
J’espère que vous vous souviendré de moi, comme moi je me souviendrais de vous.
Au revoir.

4) Merci pour tout se que vous nous avez appris et
tout le bonheur que vous nous avez donnez.

5) Hello mister !!!
C’est trop dommage que vous partez.
C’était une année géniale, super et trop bien.
Vous allez nous manquez.
Vous reviendrez nous voir, hein ?
Merci et à bientôt.
Vous êtes « the prof ».

6) Merci beaucoup pour cette année.
J’ai jamais eu un prof sympa comme vous
qui nous laisse nous exprimer comme ça. Merci!!!!

7) Un super grand merci.
C’est le seul cours ou quand j’étais triste, j’arrivait à oublier.

8) Heureusement que vous êtes pas comme M… qui pue.

9) Monsieur
Toute la classe vous adore.
Vous êtes le plus sympa des profs du monde (et le meilleur).
Vous êtes le médaillé d’or des profs et le plus marrant.

Les plombs ont sauté

Je pensais que pour enseigner il fallait être patient. J’étais d’une naïveté.
Les élèves me racontent souvent les pétages de plomb des collègues.
Que leur prof d’anglais, à bout, a jeté une chaise par la fenêtre.
— Rassurez moi, y’avait quelqu’un dessus ? et dessous ?
Que le prof de français, excédé, a quitté le cours, expliquant qu’il avait aut’chose à foutre.
Que le prof de SVT a donné une claque et que c’est pas normal.
Ça en général, c’est des emmerdes assurées. Le collègue a dit que c’était juste une pichenette. Les gamins ont maintenu que c’était une bonne grosse tarte.
Ils m’en ont fait la démonstration en cours, sur l’un d’entre eux.
J’en conclue que c’était une bonne grosse pichenette.
Que le prof de techno regarde les fesses des filles.
Ce à quoi j’ai répondu qu’avec l’âge, la vue baissait…
Qu’un autre prof d’anglais fout dehors un 6e au prétexte qu’il plane en lui disant : va jouer avec tes copains les pigeons.
Élève qu’on a effectivement retrouvé dans la cour, courant après les pigeons.
Enfin, là, ça s’est terminé chez le principal avec les parents.
Qu’un prof de SVT remplie des bouteilles de coca de quelques gouttes d’un mélange détonnant, qui fait gonfler les bouteilles jusqu’à l’explosion. Auparavant, bien sur, il les jette par la fenêtre.
Les explosions s’entendent dans un rayon de cinq kilomètres.
Le collègue a expliqué que c’était pour une démonstration.
On l’a cru. Mais il a eu la consigne de se calmer.
Vexé que sa pédagogie soit contestée, il a récidivé.
J’ai assisté, à sa demande, à une explosion. C’est vrai qu’on voit bien la bouteille gonfler mais on s’est vite planqué derrière les vitres de la classe !
Un super collègue.
Qu’un prof d’anglais, celui de tout à l’heure, traite ses élèves de cons.
Et ben vous le croirez ou non, mais c’est interdit.
Les parents sont montés au créneau.
Il s’en est expliqué avec le principal.
J’me souviens que ce collègue m’avait dit : ils ont dû mal comprendre.
Ça doit être ça oui.

En voiture

— Pourquoi vous avez pris deux voitures ? On est serré comme des sardines.
— Le dioxyde de carbone, Maryse.
Faisons acte de citoyenneté et œuvrons pour résorber le trou dans la couche d’ozone !
— Ah bon. Donc pour lutter contre la pollution, faut qu’on manque d’air quoi ?
— Maryse, on sait bien que ce trou ne te laisse pas indifférente.
— Vous commencez à me faire chier avec vos trous !
Le trou dans la couche d’ozone, le trou de la sécu.
Et mon trou, à moi, ça intéresse qui ? Je m’asseois d’ssus p’être ?

Excusez-moi j’voulais pas être grossière, c’est pas c’que j’voulais dire… .
— T’excuse pas Maryse va, on comprend.
— Robert, tu connais le parcours ?
— Ben, j’ai pas eu trop le temps mais j’connais bien le coin.
Et pour l’orientation vous me connaissez, pas de problème.
— C’est vrai qu’avec toi, on s’est quasiment jamais perdu.
— Avec toute la matière grise embarquée ce serait un comble !
— Et nos cerveaux de profs sont toujours en ébullition !
— C’est pratique en cas d’avalanche, on serait vite repéré avec une caméra thermique !
— Y paraît que par satellite, tu peux facilement repérer les salles de profs, ça forme des points chauds !
— Vous êtes cons.
— C’est vrai ça. Ça explique pourquoi on voit pas les élèves.
— Et en plus vous êtes dégueulasses. Ce qui est sûr, c’est que certains élèves sont bien plus intelligents que certains profs !
— Alors pourquoi ça n’apparaît pas sur les images satellite ?
— Peut-être parce que les élèves sont plus loin du satellite.
— Plus loin ?
— Ben oui, ils sont toujours assis et les profs toujours debouts.
— Tiens, Maryse a souri !
— Oui. C’est vrai qu’entre la couche d’ozone et les satellites,
ta Kangoo ressemble de plus en plus à la navette spatiale Challenger.
— Challenger, Challenger… c’est pas celle qui s’est cassée la gueule ?

Tous pour Maryse

Hier soir, Maryse était très déprimée
Elle est prête à tout laisser tomber.
Même son métier.
Même quitter la fonction publique.
C’est clair, elle est à bout.

Alors avec les collègues, on s’est tous mobilisé.
Quand, comme Maryse, fonctionnaire depuis 25 ans,
t’es indicé 520 majoré 550, t’as pas le droit de flancher.
Tu dois prendre sur toi.

On a décidé de faire un truc pour lui changer les idées.
On a hésité : karaoké ou rando ?
Ce sera rando. Robert va organiser tout ça.
À 12 avec les sacs, deux Kangoo devraient suffire.
J’ai invité Isabelle, une belle prof d’anglais.
Elle m’a ri au nez.
De toute façon, on peut pas discuter avec les indicés 360 majorés 400.

C’est un peu tôt pour un dimanche.
Maryse est de mauvaise humeur.
Elle s’approche de la Kangoo de Robert.
— Mais c’est quoi cette couleur de merde !!
Robert accuse le coup.
Je rappelle à Maryse que tout fonctionnaire est soumis au devoir de réserve.
Et lui précise que la « couleur de merde » est en fait le modèle jaune citron.
Un modèle historique collector et fleuron du parking du collège.
Pierre-Henri, visiblement handicapé par ses chaussures de randonnée,
(un modèle hybride Ski et Sentier) propose à Maryse sa Kangoo Wallas et Gromit récemment acquise.
Quoiqu’il en soit, on ne se moque pas d’une Kangoo.
Même morte.
En tout cas, pas devant un prof.

Je suis un peu gêné pour Robert.
Je l’aime bien Robert.
Robert est agrégé de maths.
À mi-temps.
7,5 heures de cours par semaine.
Et 2000 € net par mois.
Visiblement, y’a pas qu’en maths qu’il a tout compris.
Et heureusement qu’il fait pas 35 heures !
Ça lui ferait 9333 € par mois !
Quel contribuable accepterait de payer un prof à un tel prix ?

Maryse

Maryse est prof d’arts plastiques. C’est une bonne copine.
Son mari est parti avec une jeune prof de maths.
Elle a fait une grosse dépression.
Elle en est sortie complètement déprimée.
Pourtant elle est pas mal Maryse.
Elle devait être belle cette nana.
Quand elle était jolie.
La beauté, çà tient à pas grand-chose parfois.
C’est vrai qu’elle est pas passée loin.
Il suffisait de quoi ? D’un rien.

Elle veut reprendre le dessus.
En s’attaquant aux dessous.
Elle veut se faire remonter les seins.
— Qu’est-ce que t’en penses ?
— C’est ridicule, t’es très bien comme ça.
— Ça s’voit que c’est pas toi qui te trimbales çà toute la journée !
— C’est sûr. Bon, de toute façon c’est quoi le problème ? 20 cm, à tout casser ?
— Pauvre con. Et toi, 20 cm, çà t’fait pas rêver ?
— Oh, le prends pas mal !

Je l’ai accompagné, elle et une copine, acheter des fringues mercredi.
Elle a du mérite, Maryse. Parce que c’est pas le genre à abuser des substituts de repas.

— Et pourquoi t’essaierais pas une p’tite jupe ? Enfin heu… une jupe ?
Elle a essayé.Sympa.
— Wouaaaaa ! T’es super comme ça !! Regarde-toi dans la glace…
Alors ? Attends, recule un peu… qu’on voit bien tout…
T’es pas choupette comme çà ?
— Non, j’suis pas faite pour ces trucs là.
— Mais arrête de te dévaloriser comme ça, bon sang ! Laisse nous faire !
— C’est pas comme ça que j’vais attirer les mecs.
— Maryse, tout le monde a droit à l’amour.
Toi aussi, tu as droit à l’amour.
Du Seigneur.
Non j’déconne.
Mais c’est vrai que t’es toujours négative ! C’est lassant à la fin.
— D’façon, y’a rien qui m’va. Moche comme j’suis…
— Et voilà, c’est reparti. Mais fais en un atout bon dieu !
— Mais comment ?
— J’sais pas moi… heu… laisse moi réfléchir… heu…
— Tu vois bien…
— Bon allez. Sandra, tu l’aides à enlever sa jupe, moi, j’ai du boulot.