bourzig

Un zest de Bourzig

bourzig— Alors Bourzig, tu pars en vacances cette année ??
— Ben oui, comme tous les ans, je vais chez ma tati Laure à Troufigne.
— Troufigne ?? Mais c’est à 3 km Troufigne…
— Ben oui c’est pas loin mais l’année dernière on a eu un bouchon… quand même…
— Mais Troufigne heu… Troufigne le Haut ou Troufigne le Bas ??
— Ben à Troufigne le Bas, à Troufigne le Haut, y’a pas de route…
— Ah oui c’est vrai… Donc bouchon à Troufigne. Oh, la prochaine fois appelle Bison Futé, y te diront tout de suite si ça bouchonne à Troufigne…
— Mais non, pasque c’est pas à Troufigne que ça bouchonne mais à Marcouilles…
— À Marcouilles ?? Mais heu… à Marcouilles le Haut ou à Marcouilles le Bas ??
— Ben à Marcouilles le Bas, à Marcouilles le Haut y’a pas de…
— Oui bon ben ok. Mais dis-moi, comment ça peut bouchonner à Marcouilles, y’a que deux maisons…
— Oui mais elles sont de chaque coté de la route, et la moissonneuse elle s’est coincée dedans.
— Entre les deux maisons tu veux dire ??
— Ben oui. Et c’est bizarre pasque l’année d’avant, c’étaient les mêmes maisons et la même moissonneuse et ça s’est pas coincé.
— Et c’est aussi la même quantité d’alcool que l’année d’avant qu’il a bue le Popeye qui conduit l’engin ??
— Mon père a dit qu’il téléphonait au volant…
— Ah ça, faut pas téléphoner quand on conduit une moissonneuse. En même temps, tant qu’il ne conduit pas un Bœing. Et c’est resté coincé longtemps ??
— Ben oui, pisque y’a même un journaliste qu’est venu faire une photo pour le journal…
— Tu m’étonnes, un bouchon à Marcouilles, il tient son scoop le gugusse…
— Mais mon père il a dit que c’étaient bien les journalistes ça, suffit qu’on fasse un pet de travers pour qu’ils viennent nous renifler le cul…
— C’est pas faux… faudrait nuancer un peu c’est sûr… mais c’est pas faux. Bon sinon, tu vas nager un peu ??
— …
— ???
— …
— Tu sais nager ??
— … Ben quand j’ai pied ça va, mais quand j’ai plus pied, l’eau elle me recouvre…
— Tu coules quoi…
— Ben je sais jamais comment respirer, alors je respire que de l’eau, et ça me noie…
— Ah ouais c’est emmerdant, respirer c’est quand même la base du truc… le truc de la vie même…
— Mais cet été mon cousin y va m’apprendre, il sait nager lui, mais que sur le dos…
— Ben c’est déjà ça.
— Oui mais on voit pas quand on arrive, alors des fois on se tape la tête par derrière…
— C’est tout le problème du dos, mais la vie est mal faite Bourzig, je te l’accorde… Et y vient d’où ton cousin ?
— De Vrillette.
— De Vrillette ?? Mais heu… de Vrillette le Haut ou de Vrillette le Bas ??
— Ah non mais m’sieur à Vrillette, y zont pas de haut ni de bas là-bas.
— Ah ok, peuchère…

4 réflexions sur "Un zest de Bourzig"

  1. « Tu sais nager ??
    — … Ben quand j’ai pied ça va, mais quand j’ai plus pied, l’eau elle me recouvre… »
    Ben vi, forcément, c’est embêtant si l’eau elle le recouvre…

  2. C’est ballot ça ….. une moissonneuse coincée entre 2 maisons, on imaginerait pas que ça puisse créer un embouteillage.

    Mais au fait, il y a la mer à Troufigne ?????

  3. Ah, b’en oui, on n’y pense pas assez, à la moissonneuse !
    Et le changement de pâture du troupeau, hein, il y a pensé, Bourzig ?
    Et le GPS qui vous ballade dans les vignes parce que vous n’avez pas coché « ne pas prendre les chemins non asphaltés » ?
    Ah, le papa de Bourzig, le progrès du progrès fait rage (mais ne soyons pas sexistes, si ça se trouve, c’est sa maman qui l’a conduit chez sa tata …)
    Bonne rentrée, Charly ! Et bonne rentrée aux éternelles 6ème 4 …

  4. T’es vachement proche de tes élèves, toi ;) J’avais connu une prof d’anglais dans le même cas qui papotais avec nous comme une copine dès qu’elle n’était pas en cours. Ca fait plaisir parfois.

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