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Les 6e4 visitent Alphonse (1/x)

bus— Ah, monsieur Le Prof, vous tombez bien… je vous cherchais, vous pourriez venir dans mon bureau ???

Ohlala, pas bon cette affaire, quand la principale adjointe me convoque dans son bureau, ça sent la proposition indécente.

Non je déconne, c’est bien pire, c’est qu’elle cherche quelqu’un pour une sortie scolaire. À vrai dire, n’importe qui ferait l’affaire, mais pas de bol, c’est moi qu’est passé devant son bureau à l’instant fatidique.

— Bon comme vous le savez, et si vous ne le savez pas et bien je vais vous l’apprendre, madame Deschamps organise une sortie au moulin d’Alphonse Daudet, vous savez, l’écrivain, l’auteur de « La mule du pape », de « Tartarin de Tarascon », vous voyez de qui il s’agit ??? Ça vous parle ce que je viens de dire ???

J’adore quand la principale adjointe me prend pour un con, c’est vrai, ça me touche, j’ai l’impression d’exister.

— Ben c’est pas l’auteur de « Tartarin de Tarascon » ???
— C’est ce que je viens de vous dire, mais c’est pas grave. C’est madame Deschamps qui s’occupe de tout. Alors voilà, le plus simple…
— Mais on y va en bus ???
— Ah ben ça, on va pas vous payer le voyage en Concorde, alors le plus simple…
— Non mais c’est pasque dans les bus j’ai des sortes de nausée, c’est vrai, un peu comme le mal de mer…
— Ben vous prendrez un petit quelque chose…
— Non mais je plaisante pas, déjà petit, en voiture j’avais comme des incommodités gastriques…
— Ben amenez-moi un p’tit mot d’excuse de votre maman. Allez, sérieusement, rapprochez-vous de madame Deschamps, c’est elle qui organise le voyage. En tout cas merci, vous me retirez une sacrée épine du pied…
— Oh ben y’a pas d’quoi, quand on peut rendre service…

Putain de merde ouais.

Surtout quand on sait que madame Deschamps se prénomme Isabelle, et qu’il y a comme un contentieux entre nous, à base de malentendus nappés d’une bonne dose de quiproquos.

— Salut Isabelle, dis, y’a la principale…
— Tiens, t’es là toi…
— Ben oui, en personne, j’avais pensé à me faire représenter, puis bon, sachant que t’étais là… Au fait, tes parents vont bien ???
— Oui ben tu laisses mes parents tranquille, chaque fois que je prononce ton nom devant ma mère, elle fait un malaise vagal…
— C’est quoi ça ???
— Oui bon laisse tomber, tu veux quoi encore ???
— Ben y’a la principale adjointe qui m’a demandé de me rapprocher de toi pour la sortie Tartarin…
— De te rapprocher ??? Et ben te rapproche pas trop quand même, c’est toi qui nous accompagnes ???
— Ben oui, elle m’a dit qu’elle voulait quelqu’un de sérieux, impliqué, responsable, et tu reconnaîtras que dans le genre, je me pose un peu là…
— Ouais, la chef aurait dû me consulter, je lui aurais nuancé le tableau, apporté quelques touches de réalisme…

Comme tu peux le constater cher lecteur, ce voyage s’annonçait sous les meilleurs auspices, l’enthousiasme le disputant à l’euphorie, l’exaltation bataillant ferme avec la frénésie. Et c’est ainsi que la plénitude m’envahit peu à peu tandis que je me languissais les 4 heures de bus débordant de 6e4 qui nous séparaient d’Alphonse, pardon, de son moulin.
— Hé Charly !!!! Ce coup-ci, pas d’alcool s’il te plait…

Devant 12 collègues en salle des profs, je frôlais l’humiliation, merci Isabelle !!
— Mais alors, j’prends quoi à boire ????

À suivre…

Les 6e4 se ramassent à l’appel

bourzig— Alors les jeunes, on joue au basket ??

Et oui, ce ton détendu de bon matin, c’est tout moi ça. Toujours s’intéresser à autrui, tel est mon credo, que dis-je : mon œuvre. « Se passionner pour l’humain tel fut son destin », voici l’épitaphe qui me siéra (nevada), mais ne nous empressons point, tant de choses restent à faire pour chacun.

— Vous savez que c’est interdit de jouer au ballon dans la cour ??

D’où me vient ce goût pour les autres ??
Je l’ignore.
Une nature certainement. Délicieusement nappée de chocolat d’amour, gorgée des fruits du bonheur, macérés longuement dans le coulis de la bonté.
Et au milieu ??
La cerise, celle qui fait le gâteau, dont je ne donnerai pas plus de détails, mais certaines comprendront (ou pas).

— Ah bon ?? Et mon pied au cul ça te dirait ??

Oh je n’en tire aucune fierté, j’ai la modestie chevillée et la discrétion ancrée.
Une ex me disait récemment : « Tu es aussi bon que con ».
C’est vous dire si je suis bon.

— VOUS ME PASSEZ CE BALLON OUI OU MERDE ?!?!

Le secret ???

L’écoute.

Cette capacité à se dilater le tympan afin d’y recueillir tant de précieuses pépites et accessoirement, un bon paquet de conneries en flux tendu.
L’écoute, voilà le secret.
Mais cessons de parler de moi, ça finit par être gênant, j’en rougis devant mon PC.

— Oh m’sieur vous shootez ?!?!
— Y’a pas de panier banane !!
— Si là, entre les deux grosses branches, c’est notre panier m’sieur !!
— Quelles branches ?? Ah oui, fais voir le ballon… j’m’en vais te montrer moi… j’m’en vais te le garnir le panier… han… et hop !!!! Trois points !! Youhouuuu !!!
— Oh m’sieur !! Vous l’avez envoyé par la fenêtre !!
— Quelle fenêtre ?
— Là, la fenêtre du bureau !!
— Et il est à qui le bureau là ?
— IL EST À MOI LE BUREAU !!!

Ainsi le chef a son bureau juste derrière le platane, vous saviez vous ??

— NON MAIS DITES-MOI MONSIEUR LE PROF !!! C’EST VOUS QUI JOUEZ AU BASKET ??
— Non c’est pas moi !! C’est Bourzig m’sieur !!!
— Hé non m’sieur c’est vous !!

Petit fumier va.
Non mais j’te jure.
Ah oui, parlons-en du sens du sacrifice des nouvelles générations, ça promet !!!

— Monsieur le chef je vous assure, cet enfant ment que c’en est une honte pour notre établissement…
— Si vous voulez bien venir récupérer ce ballon, j’ai à vous parler merci !!

Mais comment y me parle lui ?? J’vais te le remettre à sa place çui-là, bouge pas !

— Tout de suite monsieur !! Et encore toutes mes excuses !!!

Non mais.

Et c’est ainsi que penaud, je rejoignis le bureau du chef, sous les quolibets des 6e4, quolibets qu’ils avaient pris soin d’intérioriser, par simple prudence.

— Hé m’sieur !! Y va vous mettre une heure de colle ?? Ahahahahahah !!!

Mon dieu que c’est drôle.

C’est ça, faites les marioles, lâchez-vous. Abandonnez-vous aux bas instincts, faites parler la poudre de la malveillance, lâchez les chiens de la haine !! Libérez les hyènes du mépris !! Baveux que vous êtes et rougis par l’ignominie !! Livrez la carotte au lapin !!! Tant que vous y êtes !!

— Hé m’sieur c’est mon ballon, vous me le rendrez ??

Compte là-dessus gamin.

Chez les 6e4, le mélange ne produit pas l’excellence

amina— Alors Bourzig, pas l’air en forme ce jour…
— Ben non j’ai eu des problèmes d’estomac hier…
— Du genre ??

Voilà typiquement le genre de question idiote que tu prendras un soin particulier, cher lecteur, d’éviter. Car s’il est bien naturel d’interroger, emportés par l’empathie et cœurs serrés, soucieux que nous sommes de la santé de chacun, il n’en reste pas moins que grand est le risque de se voir submergés par un flux de détails gastriques qui ont la singularité de se transformer par le simple pouvoir de l’évocation en puissants vomitifs, vous amenant à présenter très rapidement les mêmes symptômes que l’intéressé, mais à la puissance dix.

— Ben à l’anniversaire de Fanny j’ai eu mal au ventre.
— T’as trop bouffé.

Voilà typiquement le genre de conclusion idiote que l’on tire quand il n’y a plus rien à boire et pas grand-chose à dire. Car tout de même, du simple constat d’un mal de ventre, déduire que son propriétaire est un sale goinfre malpoli relève d’un manque absolu d’élégance, voire de l’exercice illégal de la médecine. Alors qu’il peut s’agir tout simplement de la transhumance d’une trentaine de ténias vindicatifs, ou le plus souvent, d’un simple trombone bloqué dans un virage en épingle (ou l’inverse).

— J’sais pas…
— Ah mais ça les anniversaires c’est piégeur pour ça.

Là, par contre, il s’agit typiquement d’une illustration de cet art consommé qu’est la conversation, qui au travers d’une parfaite maîtrise de la relance, de l’utilisation appropriée d’une phrase inutile au contenu parfaitement discutable, offre l’opportunité de masquer avantageusement votre ennui profond, tout en exposant à autrui le vif intérêt que l’on porte à l’échange et l’exigence que l’on a de le maintenir à un niveau optimum.

— Et t’as bu quoi ??
— Du Coca… du jus d’orange aussi, et puis du…
— Olala !! Malheureux !! Cherche pas plus loin !! C’est les mélanges !!! Faut jamais mélanger !!! Et pourquoi pas citronnade et grenadine tant qu’on y est !!!
— ???
— Tiens, moi qui te parle, quand j’attaque une soirée à la citronnade, je continue à la citronnade, sinon pareil, je suis malade comme un chien.
— Vous buvez de la citronnade m’sieur ???
— Bien sûr, pourquoi ?? Ça te fait rire ?? Hé bien sache que je suis comme ça moi, ouvert à toutes les expériences.

Surtout quand je n’ai pas le choix.

Car je suis d’accord avec toi lecteur, c’est très suspect et extrêmement rare que je passe une soirée à boire de la citronnade. Mais quand comme moi tu dragouilles sans aucune clairvoyance et que tu te retrouves chez une joliesse qui ne boit pas et qui s’en désole en t’abreuvant de citronnade pour compenser, ne serait-ce pas subtilement con de faire des manières quitte à perdre une occasion en or ?? Ne serais-tu pas disposé toi aussi à passer une soirée à boire de l’Antésite sans moufter pour avoir accès au Nirvana ??? Hein ???

Mais revenons à nos moutons (comme dirait le loup).

— Et du coup tu as mal dormi ??
— Non ça va, j’ai bien dormi, j’ai même dormi comme quatre…
— ???…
— Manger comme quatre on dit !! Pas dormir !!!
— Allons les enfants, sa formule n’est pas dénuée de sens, mais dis-moi Bourzig, tu as mangé comme un loir alors ??
— Ben j’sais pas, j’sais pas ce qu’y mangent eux…

Bien.

À ce stade, réjouis je fus qu’aucun médecin n’assistât à la scène, sinon c’était hospitalisation d’office pour tous.

— Bon tu veux aller à l’infirmerie ???
— Là non, j’verrai en Maths si ça va mieux.

Mon Dieu que cet enfant est malicieux.

Et c’est ainsi que paisiblement se déroulaient ces petits bouts de vie, insignifiants peut-être, affligeants sans doute, consternants c’est sûr, pitoyables c’est clair, mais qui transcendent chacun (relis pour voir si c’est pas vrai) en une poignante célébration de la vie (qui n’en demandait pas tant) où inlassablement résonnent les questions essentielles dont les 6e4 ne sont que le simple écho.

Allez, à la douche.

Un zest de Bourzig

bourzig— Alors Bourzig, tu pars en vacances cette année ??
— Ben oui, comme tous les ans, je vais chez ma tati Laure à Troufigne.
— Troufigne ?? Mais c’est à 3 km Troufigne…
— Ben oui c’est pas loin mais l’année dernière on a eu un bouchon… quand même…
— Mais Troufigne heu… Troufigne le Haut ou Troufigne le Bas ??
— Ben à Troufigne le Bas, à Troufigne le Haut, y’a pas de route…
— Ah oui c’est vrai… Donc bouchon à Troufigne. Oh, la prochaine fois appelle Bison Futé, y te diront tout de suite si ça bouchonne à Troufigne…
— Mais non, pasque c’est pas à Troufigne que ça bouchonne mais à Marcouilles…
— À Marcouilles ?? Mais heu… à Marcouilles le Haut ou à Marcouilles le Bas ??
— Ben à Marcouilles le Bas, à Marcouilles le Haut y’a pas de…
— Oui bon ben ok. Mais dis-moi, comment ça peut bouchonner à Marcouilles, y’a que deux maisons…
— Oui mais elles sont de chaque coté de la route, et la moissonneuse elle s’est coincée dedans.
— Entre les deux maisons tu veux dire ??
— Ben oui. Et c’est bizarre pasque l’année d’avant, c’étaient les mêmes maisons et la même moissonneuse et ça s’est pas coincé.
— Et c’est aussi la même quantité d’alcool que l’année d’avant qu’il a bue le Popeye qui conduit l’engin ??
— Mon père a dit qu’il téléphonait au volant…
— Ah ça, faut pas téléphoner quand on conduit une moissonneuse. En même temps, tant qu’il ne conduit pas un Bœing. Et c’est resté coincé longtemps ??
— Ben oui, pisque y’a même un journaliste qu’est venu faire une photo pour le journal…
— Tu m’étonnes, un bouchon à Marcouilles, il tient son scoop le gugusse…
— Mais mon père il a dit que c’étaient bien les journalistes ça, suffit qu’on fasse un pet de travers pour qu’ils viennent nous renifler le cul…
— C’est pas faux… faudrait nuancer un peu c’est sûr… mais c’est pas faux. Bon sinon, tu vas nager un peu ??
— …
— ???
— …
— Tu sais nager ??
— … Ben quand j’ai pied ça va, mais quand j’ai plus pied, l’eau elle me recouvre…
— Tu coules quoi…
— Ben je sais jamais comment respirer, alors je respire que de l’eau, et ça me noie…
— Ah ouais c’est emmerdant, respirer c’est quand même la base du truc… le truc de la vie même…
— Mais cet été mon cousin y va m’apprendre, il sait nager lui, mais que sur le dos…
— Ben c’est déjà ça.
— Oui mais on voit pas quand on arrive, alors des fois on se tape la tête par derrière…
— C’est tout le problème du dos, mais la vie est mal faite Bourzig, je te l’accorde… Et y vient d’où ton cousin ?
— De Vrillette.
— De Vrillette ?? Mais heu… de Vrillette le Haut ou de Vrillette le Bas ??
— Ah non mais m’sieur à Vrillette, y zont pas de haut ni de bas là-bas.
— Ah ok, peuchère…

Les 6e4 par vent contraire

classe— Le prochain que je choppe…

Voilà.

Les données du problème sont clairement établies, les enjeux explicites, il s’agit là d’une pédagogie de haut niveau, on peut même parler de « must » en la matière. Mais tu n’es point étonné cher lecteur car telle est ta quête en visitant ce blog, t’enivrer de ma science et te parer des oripeaux de mon alter-pédagogie pour enfin parader coiffé du béret de la certitude en agitant les moufles de la félicité.

(Ce qui te donne l’air plutôt con, mais c’est ton choix, je le respecte.)

Mais dans quel contexte particulièrement sordide est-on contraint à une telle parade ??

Une minute je te prie cher lecteur, je viens de rentrer, le temps d’une petite bière, et je suis à toi, y’a pas le feu au lac non plus, et tu connais ma devise : « doucement le matin, et l’après midi pour récupérer ».

Ce matin-là, Bourzig arborait fièrement son tee-shirt de l’OM, et comment ne pas être saisi d’une bouffée de vanité entiché d’un tel accessoire, tee-shirt dont le rêve secret était de rencontrer une machine à laver, comme ça, un soir, dans un bar, Bourzig donc, fit part à ma cohorte de 6e4 d’une trouvaille particulièrement hilarante dont voici le détail.

Bourzig, et vous reconnaîtrez là sa propension à la discrétion tapageuse et roborative, se livrait à un exercice hautement poilant qui consiste à se glisser une main sous l’aisselle, puis à lever l’épaule et ensuite la rabattre brusquement, provoquant une fuite brutale d’air accompagnée d’un bruit assez proche de celui du pet. Je précise que c’est le bruit qui rend l’exercice charmant, la fuite d’air étant généralement ignorée sauf par les passionnés de mécanique des fluides dont je suis. Tu imagines bien cher lecteur que devant l’Extraordinaire la fête battait son plein en 6e4. Et chacun de se congratuler et deviser bruyamment du comment du pourquoi Bourzig pouvait réaliser un tel miracle : imiter le bruit d’un pet avec un simple bras et une vague épaule.

Mais Bourzig, non content d’exalter l’effectif par ses prouesses, se fit honneur d’en enseigner les rudiments aux nombreux volontaires qui se manifestèrent, sans doute poussés par le souffle de l’aventure. Et de voir ainsi Bourzig dans le rôle d’un enseignant, je dois à la vérité de le dire, mon cœur en battit la chamade. Seules quelques joliesses haussèrent les épaules, mais pas pour les mêmes raisons, devant l’obscénité. Mais ne purent s’empêcher d’émietter quelques sourires, car comment résister à la puissance humoristique d’un pet, même imité de façon trivial ??

Pour pimenter la chose, les compères crurent bon d’ambiancer ma séance du jour par quelques déflagrations du plus bel effet qui ne manquèrent pas d’esclaffer l’auditoire. Ainsi chacun s’adonnait, y allant de sa note, les plus graves étant clairement, pour l’effectif, les plus amusantes.

Personnellement, je n’ai pas d’avis sur la question.

Mais que faire ??

Une fois ça va, me dis-je, ce n’est pas bien méchant. Telle est notre jeunesse qui fut aussi la notre. Car je fus jeune moi aussi, bien que cela n’apparaisse pas à première vue.

La première fois donc, dis-je, ma bienveillance l’emporta sur la stricte règle de la bienséance.

Mais curieusement, allez savoir pourquoi, à la vingtième fois je changeais soudain d’avis, et fus à deux doigts de m’emporter avec tout ce que cela induit d’effets visuels spectaculaires, yeux exorbités, teint cramoisi-vert, regard gravement divergent, etc. Mais sans doute que tous ces vents firent trop plier le roseau qui est en moi, d’autant que les bourrasques se produisaient lorsque j’étais de dos, et je trouvais particulièrement hypocrite qu’ils émissent leur pet par derrière.

(Je suis parfaitement conscient à ce stade du récit de la parfaite vacuité de mon propos, de sa vulgarité mitoyenne ainsi que de l’avilissement qui en résulte pour toi lecteur. Aussi je te mets en lien le site du Monde afin que tu puisses t’y réfugier et retrouver un minimum de dignité.)

D’où la phrase d’introduction :
— Le prochain que je choppe…

Effet miraculeux de mon alter-pédagogie, les pets s’envolèrent comme par magie (phrase hautement improbable). D’autant que j’éjectai mon trait suite à un demi tour sur moi-même exécuté à une vitesse tout bonnement ahurissante qui ne fut pas sans rappeler Michael Jackson lorsqu’il était vivant (mort y’a tout de suite moins d’analogies possibles).

Les émetteurs ne pouvaient contester le délit, ni nier. Bien sûr, quelques mains traînaient ci et là sous les tee-shirts béants, les yeux hagards dérivaient du sol au plafond, leur petit air pas futé du tout me réjouit et mon cœur s’envola telle l’hirondelle au printemps.

— M’sieur !! Si vous le choppez le prochain vous lui faites quoi ??
— Bonne question mon enfant.

Mais petite astuce alter-pédagogiste : surtout ne pas répondre.

Entretenir le doute, diffuser subtilement l’angoisse, exhaler le pire, transpirer le mal, mais ne rien dire. Laissez phosphorer leur imagination afin que surgissent dans leur vils esprits les pires craintes : colles en série, contrôles surprise et surprenants, retour dans le pays d’origine, défenestrations massives, ou pire, que je leur narre mon week-end à Perpignan où pour obtenir les faveurs d’une brune et ardente défenseuse des animaux, je dus accepter d’adopter quatre chats non vaccinés, non tatoués, ce qui va me coûter un bras.

Et là ils sont à vous, à point.

Alors la vie peut reprendre son flux, et l’on doit œuvrer maintenant, immerger chacun dans la connaissance, telles des asperges immaculées dans la vinaigrette du savoir.

Rencontre avec les 6e4

panneauCe matin, je me rendais en ville pour boire un p’tit café bien serré, et comme j’avais dix minutes de marche, je me suis dit, et si j’écrivais mes mémoires ??
Et donc je marchais tranquille sur le trottoir, classant mentalement les glorieux épisodes de mon existence dans les divers chapitres de mon œuvre future, lorsque je repère plus loin sur le trottoir d’en face, une classe qui vient dans ma direction. Souvent les profs d’EPS emmènent les gamins au stade qui se trouve à pas loin du collège. Et je reconnais mes 6e4 ainsi qu’une collègue d’EPS et une pionne.

Les gamins sont bien rangés par deux et sages comme tout, méconnaissables quoi. Je continue à marcher pépère comme le dromadaire tout en procédant à la première purge de mon œuvre, et…
– OOOOOH !! C’EST M’SIEUR LE PROF !!!!!

Gaulé.

Je les regarde, sourire poli, sans m’arrêter, mais visiblement la rumeur circule vite et…
– HOUHOU !!!! BONJOUR M’SIEUR LE PROF !!!!

Une vraie clameur.

ils s’arrêtent et se regroupent pour me faire coucou. La collègue d’EPS s’affole, me lance un regard noir, pourtant j’ai rien fait m’dame, et commence à les engueuler. Mais j’t’en foutrais, et vas-y que j’te fais des grands coucous, et que je saute sur place en tirant la langue. Je leur fais signe d’être un poil plus discret et y font :
— VOUS ALLEZ BIEN ???
D’une façon générale moi ça va assez bien, je hoche la tête pour leur en faire part, mais bon j’accélère et j’entends :
— VOUS ALLEZ OÙ ??

Ouais, pasque faut qu’j’vous explique, le respect de votre vie privée, les gamins, y z’en ont juste rien à foutre. Mais bon je réponds au grand dam de ma collègue :
— J’vais m’acheter des croissants !!!
C’est faux mais bon, si y’a moyen de les taquiner un peu hein.
— VOUS NOUS EN DONNEREZ ????
Alors je mets mes mains en porte-voix et je dis :
— NOOOOOON !!!!!
Alors y font :
— BOUUUUUUUUUUH !!!!!

Voilà.

Bon, y s’prennent une bonne avoinée par la collègue, reforment les rangs et reprennent leur chemin.
— AU REVOIR M’SIEUR LE PROF !!!
C’est Bourzig, il a pas pu s’empêcher. Y s’prend une chasse vite fait, baisse la tête, et rejoint la troupe.

Et la prof d’EPS me lance un autre regard noir, mais encore plus, et ben dis donc, que j’me suis pensé, celle-là, sous la couette, ça doit pas être une commode.

Alors on se quitte comme à regrets, snif, mes 6e4, bouuuuuh.

Ah oui au fait, j’en étais où moi, ma biographie, ben voilà, après correction, ça donne ça :

LA VIE PALPITANTE DE CHARLY LE PROF
Chapitre I
Ben, dans l’ensemble, ça s’est pas trop mal passé.
FIN

Sympa non ?
Voilà, ben y’a plus qu’à trouver un éditeur.

6e4 : extrait

fanny_75— Alors mesdemoiselles, ces vacances ??
— M’sieur, faut plus dire « mademoiselle » maintenant…
— Ah bon ?? Et pourquoi ça ??
— Ben j’sais pas, mais faut plus l’dire.
— C’est vrai m’sieur, faut dire « madame » maintenant…
— Ben j’vais quand même pas vous dire « bonjour mesdames », vous avez onze ans !!!
— Ben si.
— Moi m’sieur j’ai dix ans.
— Ben si m’sieur, « madame » c’est pour les filles mariées, et si elles sont pas mariées alors c’est… heu… ah non j’me suis trompé…
— Merci Bourzig.
— Non c’est pour pas qu’on sache si on est mariée pasque ça regarde pas les autres.
— Oui mais j’me doute bien que vous n’êtes pas mariées…
— Oui mais ça vous regarde pas… enfin heu…
— Non mais oh !!! Anaïs ??
— Mais « madame » c’est pour les femmes !! Nous on n’est pas des femmes on est des filles !!
— Ben m’sieur, femme et fille c’est pareil !! C’est juste l’âge qui change !!
— M’sieur, « madame » c’est pour les femmes mariées et les femmes pas mariées c’est « mademoiselle ».
— Merci Bourzig.

Etc.

Bien.

— Bon alors, ces vacances, ça s’est bien passé oui ou merde ???

Les 6e4 ont une sale dette

velo_75— M’sieur, vous me rendez mon euro ???

Hé oui cher lecteur il m’arrive bien souvent, comme à la majorité des profs, d’emprunter un peu d’argent à mes élèves. Oh jamais de grosses sommes bien sûr mais ma foi, ça aide à payer le café et les fournitures car je te rappelle que nous n’avons pas de prime de rentrée et encore moins de frais de représentation.

— Qué euro ???

Hé oui cher lecteur il m’arrive bien souvent, comme à la majorité des profs, d’oublier ces modestes prêts enfantins et d’être sidéré que les élèves les plus cupides réclament leur dû, prenant tous les risques à cette fin.

— Ben l’euro que j’vous ai prêté pour vot’ café en septembre…
— En Septembre ??? Oh mais y’a prescription !!! Malheureux !!! Pis c’est pas Noël ces jours ?? Le moment des cadeaux ??
— Vi… mais quand même… mon euro…
— Ok ok, j’vais te le rendre ton euro… Qui a un euro à me prêter ??
— …
— Qui peut me prêter un euro ???
— …
— Hého !!! Y’a quelqu’un ?? Héhoooooo !!
— Et moi m’sieur vous me rendrez mes cinq euros ???
— Et moi ma trousse ??
— Ta trousse ?? Quelle trousse ???
— Ben je vous l’avais prêtée pour que vous la montriez…
— Mais je l’ai déjà revendue moi !!! J’croyais que c’était un cadeau !!!
— Non c’était pas un cadeau j’vous l’avais juste prêtée !!
— Pardon ??? C’est quoi ce petit ton fasciste ??
— … Ben c’est vrai quoi…

Sales morveux.

— Non mais c’est la meilleure de l’année celle-là, vous osez me réclamer de l’argent, mais vous avez une idée de la dette que vous avez ???
— …
— Non parce que si vous regardez les infos, vous devez savoir que notre pays, la France d’en bas, elle doit tout plein de sous à on sait pas qui, et que tout ce paquet de pognon c’est tous qu’on va payer !! Même vous !!
— …
— Tout le monde sera mis à contribution, les classes populaires et les classes moyennes !!
— Hé m’sieur, on est une classe moyenne nous ???
— Ah ça oui, très moyenne même…
— Alors on va payer ??
— Ben oui. Alors nous disons… 1700 milliards d’euros de dette souveraine… divisés par… 65 millions de français souverains… ça nous fait donc… heu… 1700000 millions par 65 millions… donc 170 par 65 ben ça fait 2 et je retiens… heu… quelqu’un a une calculatrice ???
— Moi m’sieur !!!!
— Ah merci… alors fais-y voir… 1700000 divisé par 65… ben ça fait… 26000 € par français !!!! Donc 26000 € par 6e4 !!! Oh la dette que vous avez !!! Ahahahah ! Oui ???
— Mais m’sieur, tout le monde va payer ?? Même les bébés ??
— Ben bien sûr, pourquoi y payeraient pas eux ??
— Mais… y zont pas d’travail…
— Ah bon ?? Mais est-ce qu’ils en cherchent au moins ??? Non à l’assistanat !!!

Excuse-moi cher lecteur, je m’emporte. Mais concède avec moi que le libéralisme est une vraie drogue qui peut faire dire n’importe quelle connerie.

— Alors vous osez me réclamer un malheureux petit euro alors que vous en devez 26000 !! Oh trop gonflé l’autre !!
— C’est pas juste on n’a rien dépensé…
— Bah c’est normal vous êtes mineurs, on a dépensé à votre place.
— Mais m’sieur pourquoi on fait pas payer les gens riches ???
— Mais pasqu’ils sont pas nombreux !!!! C’est une espèce protégée !!! Et si on leur prend tous leur sous, ben y’aura plus de riches !!! Tu veux que les riches disparaissent ??? Comme les baleines ??
— … Ah ben non, c’est gentil les baleines…
— Et ben voilà, alors faut faire payer les pauvres, y sont plus nombreux, donc ça fait moins mal, pis y risquent pas de disparaître eux…
— Oh m’sieur en vrai y sont trop gentils les riches !!!
— Mais bien sûr les enfants. Si les riches on les avait pas, ben on serait tous pauvres. Allez, au boulot !!
— Oh m’sieur !!! Et mon euro ???
— Tu le déduiras de ta dette. Ah au fait, bonne année les 6e4 !!!!
— BONNE ANNÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉE M’SIEUR!!!!

C’est ça les gamins, pas rancuniers pour un sou, et c’est comme ça qu’on les aime.
Snif.

Voilà. Étonnant tout de même, comme d’un simple échange bon enfant on peut rebondir sur des notions complexes d’économie.
Y’a des jours, je m’épate.

Tout Charly pour 30€ !!!

charly le profAllez lecteur, fais pas ta ratasse, tout le blog pour 30€ !! Toi qui sais jamais quoi offrir !!! Tu préfères passer ton samedi en ville à chercher un cadeau à la noix ??? Au dernier moment en plus ??? Allez !!! Deux livres tout beaux avec 750 pages dedans !! Avec les fautes d’origine et tout !! (C’est faux j’ai corrigé celles que j’ai reconnues.) Et que j’ai dessiné moi-même les couvertures tout seul et que d’ailleurs j’me suis bien emmerdé avec le pont du Gard !!! 750 pages de franche rigolade, allez quoi !!! Tu vas quand même pas te pointer au réveillon les mains dans les poches non ??? Si ???

Crapule.

Le livre Les 6<sup>e</sup>4 vous saluent bienLe livre Le collège Edmond-Philogène

Chez les 6e4, on pétrit le bonheur à pleines pognes

ATTENTION !!!! ATENCIÓN !!!! ACHTUNG !!!! DIQQƎT !!!!

Ce texte comporte un nombre considérable de grossièretés. En effet, le mot c… est cité à plusieurs reprises ainsi que le mot c… Je te sais sensible cher lecteur aussi je te déconseille de consommer cette infâme mixture, d’autant qu’une fois dans ce texte, apparaît aussi le mot c…

Il fut 8h34 ce jour-là quand jaillit soudain du fin fond de la classe, la chose suivante :
— Ah merde !! Y’a une couille dans l’pâté !!!

Tu imagines sans peine cher lecteur l’état dans lequel je devins sous l’impact du mortier. Aussi réagis-je promptement comme suit, non sans avoir récité au préalable trois benedicite et je vous salue Marie :

— Non mais oh Brizouille, t’as pas des expressions plus comestibles non ?!?! Une couille dans l’pâté, non mais c’est quoi ces expressions à la co… heu… à la noix ?? Hein ?!?!
— Scusez-moi m’sieur, c’est parti tout seul…

Tu imagines cher lecteur la poilade sonore qui s’empara de la troupe à l’annonce faite par Brizouille, reléguant du coup mes injonctions au rang de bruitage pour malentendants et mon statut de prof à celui de préposé à l’éveil musical à Roissy aux heures de pointe. Je sentis bien à ce moment précis, que les 6e4 touchaient à une espèce d’extase, de grâce, de l’ordre de l’indicible, une certaine forme de transcendance, car enfin, et reconnaissons le une bonne fois, une grossièreté bien pansue vautrée dans une salle de classe, et en plein cours, franchement, que reste-t-il après ça ???

— C’est parti tout seul ?? Tu l’as quand même bien accompagnée non ??? Et d’où tu sors des expressions pareilles toi ??
— Ben j’sais pas… ça s’dit pas ??
— Ben quand même, on dit pas « couille » pendant un cours… dans l’pâté en plus…

Le fait d’avoir dit « couille » à mon tour transporta l’effectif aux confins du nirvana, car un prof qui dit « couille » c’est pas tous les jours, c’est Collector, ça s’arrose, telle la première dent du p’tit, et le volume sonore dépassa largement les normes en vigueur en prenant trente décibels dans la vue : Roissy foulé aux pieds.

L’hilarité générale fit plaisir à voir, comme quoi, un simple mot… Ah l’insouciante jeunesse !!!! Mais afin d’éviter la débandade, je me dus de mettre le holà à ce tollé :

— OOOOOOOOOH !!! MAIS C’EST PAS UN PEU FINI CE BOR… heu… ce… ah zut… heu… j’l’ai au bout de la langue… heu… CETTE PAGAAAAILLE ??? MORGNOLE QUOI ???
— Non je disais Monsieur, c’est vrai que c’est vulgaire comme expression…
— Ah, t’as entendu Brizouille ?? Même tes copains n’emploieraient pas une telle expression… Oui Morgnole ??
— Et pour la bonne et simple raison Monsieur Le Prof, qu’à la maison nous ne mangeons pas de pâté mais de la terrine…

Y s’foutrait pas d’ma gueule lui ???

L’assujetti à l’ISF me prendrait-il pour une truffe ??? Hum???

Mais à sa décharge, et soyons équitables, une « couille dans la terrine », ça l’fait moins, c’est vrai.

(Renseignements pris auprès de collègues compétents, il semblerait que l’expression « couille dans l’pâté » soit largement répandue et que son succès soit due à sa puissance d’évocation à la limite de l’allégorie, au jeu subtil des allusions et leur imbrication complexe, à la petite touche de vulgarité qui rehausse l’ensemble, et qu’elle allie en un trait d’une remarquable concision l’inattendu d’une situation à l’effet de surprise résultant. Sous son allure de métaphore burlesque et sexuellement connotée, elle nous révèle une vraie capacité à synthétiser ce qui d’ordinaire relève de l’expertise en matière de constat, d’échec en l’occurrence. Toutefois, elle n’est pas typique de nos régions puisque l’on retrouve une variante tout aussi imagée dans le nord de la France « la couille dans l’potage », dont la déclinaison potagère semble liée à une température bien moins clémente chez nos amis du Nord qui explique en grande partie le choix du met. Et puis c’est vrai qu’ici, nous sommes plutôt pâté.)

— Hé m’sieur, si c’est dans l’dictionnaire, c’est pas un gros mot « couille » ?? Non ??
— J’veux pas l’savoir, dictionnaire ou pas, j’veux pas d’couille en classe, C’EST CLAIR ?!?!

Tu parles que c’est clair : raz de marée immédiat, des vagues de fous rires hautes de 15 mètres dévalant sur mes mocassins Auchan, déferlant parmi les tables dans un raffut du diable emportant ce qui me restait de dignité dans un des plus beaux foutages de gueule de ma vie vus, me laissant comme un c… , que dis-je : comme une péninsule.

Mais c’est vrai que sous l’effet de l’emportement, parfois, certaines phrases se présentent à l’auditoire dans une tenue plutôt débraillée voire incomplète, d’où des quiproquos parfaitement regrettables. Car tu le sais cher lecteur : « un seul mot vous manque et tout est dépeuplé ».

— Ha ça, ça vous amuse, ah oui, pour ça, ah oui, ah ben d’accord, si j’avais su…
— Mais m’sieur, un mot qu’est dans l’dictionnaire on peut le dire non ???
— HOOOOOO !!! Un peu moins de bruit s’il vous plait !!!! Oui Morgnole ??
— Si un mot est dans l’dictionnaire c’est qu’on peut le dire oui ???
— Ah ouais ?!?! Hitler aussi est dans l’dictionnaire, ça l’rend pas plus fréquentable pour autant non ?? Et toc, cogite ça au château. Bon allez, on…
— M’sieur m’sieur !!! Et qu’est-ce que j’dis à la place de la couille dans l’truc alors ??
— Hé bien mon cher Brizouille, tu peux tout à fait, à la place de « couille dans l’café »
— DANS L’PÂTÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ M’SIEUUUUUUR !!!!!!
— Ah oui, décidemment, j’ai un problème avec le pâté moi, excusez-moi les enfants. Oui donc, si tu manques d’expressions Brizouille, j’peux t’en livrer. Tu as « le cheveu sur la soupe » par exemple, c’est pas mal non ??? Tu as « la mouche dans le lait » aussi, et bien d’autres encore, j’sais pas moi… mais certainement pas une couille dans la purée…
— DANS L’PÂTÉÉÉÉÉÉÉÉ M’SIEUUUUUUR !!!!!
— Oui dans l’pâté, excusez-moi, autant pour moi. Bon, en tout cas, si j’entends encore ce genre de truc je vais sérieusement sanctionner, car nous sommes dans un collège je vous le rappelle, et ça ne me fait pas rire du tout !!!

Je n’étais pas sûr d’avoir bien compris ce que je venais de dire, mais vu le bordel ambiant, je sus que visiblement les 6e4 : si.

Alors je pensai trouver brin de grâce auprès de Fanny, un poco de dulzura en este mundo de animales, le soupçon de mayonnaise qui rend la patate si douce, et m’enquis de savoir comment d’aussi chastes pavillons avaient enduré de si vilaines choses, aussi m’adressai-je à la joliesse :
— Alors Fanny, pas trop choquée ?? Je suis vraiment désolé mais…
— Mais non m’sieur ça va !!! Hé m’sieur, hihihihihihi, couille, ça rime avec Brizouille…

À part ça, ça va.