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La complainte du ver à soie

Figure-toi cher lecteur que ce matin, Bourzig m’en a raconté une bien bonne.

J’étais en train de lui passer une soufflante pour travail excessif, lui expliquant que le surmenage n’était pas une fatalité, que l’on pouvait lutter, qu’il en avait les moyens, mais aussi pour quelques grossièretés échappées de sa conversation avec Trapugne, grossièretés qui vinrent irradier mes lobes, chatouiller ma zone pavillonnaire, échauffer mes enclumes faisant rosir mes gracieuses pommettes, choqué que je fus par la petitesse de ses grossièretés.
Soufflante à laquelle il réagit, faisant part de la difficulté lors de conversations à bâtons rompus de contenir certains excès rhétoriques, de maîtriser l’emphase nécessaire à la vie du débat afin de rester dans un cadre légal, et enfin, de respecter les règles syntaxiques de base. J’abondai dans son sens et proposai, sans emphase ce coup-ci, une paire d’heures de colle, mais dans un style épuré, visant à l’essentiel, afin qu’il détaille par écrit son argumentation. Offre qu’il déclina, alors je m’inclinai.

Enfin bref, et pour faire court cher lecteur, il en branlait pas une et je lui ai mis une bonne chasse.

Allez, je reprends : j’étais en train de lui passer une soufflante pour travail excessif lorsque…

— Mais m’sieur, c’est normal qu’on dise des gros mots puisqu’on parlait de gros mots.
— Argument imparable. Alors si j’ai bien compris, si on parle de baffes, j’peux t’en coller une ????
— Non mais je racontais à Trapugne que mon père y nous amène toutes les semaines avec ma sœur à l’arbre aux gros mots…
— L’arbre aux gros mots ?? C’est quoi ça ???
— Ben pour pas qu’on dise des gros mots, mon père y veut qu’on les dise tous une fois par semaine à l’arbre aux gros mots, comme ça après on en dit plus.
— C’est pas bête ça, et ça marche ??
— Non.
— ?!?!
— Mais on rigole bien, et ma mère elle est pas d’accord, mais mon père y faisait pareil quand il était petit, et mon grand-père aussi et même avant aussi…

Ainsi dans la campagne environnante, des générations de Bourzig contribuaient à la déforestation par des méthodes sans contacts, innovant en la matière, titillaient l’équilibre écologique précaire en soumettant aux insanités les plus viles un arbre sans doute centenaire, dont le grand âge mériterait un peu plus de respect.

— Donc vous dites tous les gros mots que connaissez et après…
— Ben pas tous non plus, pasque mon père il est jamais très loin, et ma mère des fois elle est choquée et elle engueule mon père… hihihihihihihi…
— Et ça te fait rire ??
— Ben oui…
— Hé bien bravo…
— Et mon père y dit que comme ça, y voit notre progression.
— Et tu progresses ???
— Ben oui, et mon père y dit que si c’était le bac, je l’aurais déjà.
— Oh, avec mention j’suis sûr…
— Oui, et ma sœur progresse aussi, mais mon père il entend pas les gros mots de ma sœur, elle les dit doucement.
— Oui mais les filles c’est plus discret…
— Ah ben ça j’crois pas, en tout cas pas ma sœur…
— Allons allons, et c’est quoi comme arbre ??
— Heu… un mûrier je crois, mais là il est bien mort.
— Tu m’étonnes…

Ainsi Bourzig reconnaissait la maltraitance infligée à cet arbre centenaire et je n’osai imaginer les conséquences irréversibles pour les vers à soie, dont on peut estimer que sous l’influence de telles mutations génétiques ils n’en viennent à produire du nylon ou de la toile de jute. J’eus une pensée émue pour ce vieil auditeur des insultes les plus viles, faisant office de confessionnal rural, dont la vie s’était achevée en compost d’insanités mettant en péril la vie précieuse des cocons résidents.

C’est donc fort tristouille que ce soir venu, je rejoignis le logis d’Isabelle.
En effet, la joliesse m’avait invité pour une énième explication/réconciliation/résolution/engueulade, afin selon elle, de me dire mes « quatre vérités ». Expression que je trouvai très en dessous de la réalité puisque c’est au moins une trentaine de vérités qu’elle me révéla, dont une dizaine que je niai farouchement étant clairement de la pure diffamation, une douzaine dont je concédai qu’elles mériteraient d’être débattues, sans tabou c’est vrai, les soixante dernières étant, je le confessai, véridiques, puisque portées à ma connaissance par la quasi totalité de mes ex (la totalité en fait) et qu’une telle convergence de témoignages convaincrait n’importe quel jury d’assise.

Mais crois-moi cher lecteur, je fus fort marri d’autant de vilénies portées à mon discrédit.

Une fois passé le grain, je m’enquis de savoir si l’accès à ses charmes m’était maintenu. En effet, Madame paradait en short devant moi, le chemisier largement échancré dont je vis bien malgré moi ce qu’il cachait (bonne mère !!!) lorsqu’elle se pencha pour arroser son ficus. Pauvre de moi !! J’étais fait comme un rat, prêt à signer tous les aveux si à ses atours je pouvais accéder. Mais hélas, me toisant, ayant deviné mes rêves secrets, elle m’adressa un « ne rêve pas trop mon canard » qui déstabilisa à la marge mon aisance naturelle.

Aussi, lorsqu’elle regagna la cuisine afin de compléter son arrosoir, j’observai d’un œil vengeur ce haut ficus dont elle était si fière, et par pure méchanceté, repensant à l’anecdote de Bourzig, je me mis à l’ouvrage.

Préambule type d'un cours de techno avec les 6e4

— De toute façon, les filles, c’est plus intelligent que les garçons.

Ce matin, c’est Fanny qu’a foutu son boxon.

Encore une guerre des sexes, me suis-je pensé, comme si on n’avait qu’ça à foutre.

— HOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOÉÉÉÉÉ !!!!!

Ça, c’est la réaction des garçons. Qui n’en demandaient pas tant pour engager la conversation. Mais bon, en même temps, une bonne grosse discussion sans intérêt, ça passe le temps, et pendant ce temps, c’est glandouille générale, ni vu ni connu, le prof y voit que dalle, c’est vrai, on te le ballade comme on veut l’autre con.

— Hé m’sieur !!! C’est pas vrai c’que j’dis ???
— Ben j’sais pas moi, j’avais préparé un cours sur les énergies renouvelables, alors là tu me prends un poil au dépourvu. Et puis j’y connais rien en fille…
— HOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOÉÉÉÉÉ !!!!!
— Pardon ?????
— … … …

Bien.

Oui je disais que je n’y connais rien en fille, mais quand même. Mais si je devais préparer un cours sur le sujet, je serais plutôt embarrassé. Ou alors je ferais simple, les grandes lignes quoi. En gros, qu’il existe deux variétés de fille dans la vie : celles qui lisent Télé7Jours et celles qui lisent Télérama. Pour faire simple quoi. Les bases en fait.

Et donc que les lectrices de Télé7Jours portent des coordonnés bien plus rigolos et sont bien plus promptes à les enlever que les lectrices de Télérama. Mais ces dernières ne s’en vexent pas car elles sont bien meilleures en mots-croisés, ceci compensant cela (cher lecteur, tu concluras de ce qui précède ce que de droit, je ne te fais pas de dessin ;-) ;-) ;-))

Alors évidemment j’ai simplifié, car dans la réalité, il y a aussi les lectrices de TéléZ, mais ça nous entraînerait trop loin.

Mais laissons Brizouille intervenir :
— Les filles, bof, ça pleurniche, ça parle tout le temps, et comme c’est des filles, on leur donne toujours raison alors…

Mais comment y sait tout ça lui ??? Si jeune ???

— Et comment tu sais tout ça toi ???? Si jeune ???
— Ben j’sais pas, mais c’est vrai…
— Tu sais pas mais c’est vrai ??? Alors ça les enfants, ça s’appelle une intime conviction, et c’est tout à fait valable devant un tribunal.
— Ben moi je sais et c’est faux…
— Heu… ça devient compliqué votre truc…
— Ben si on nous donne toujours raison c’est qu’on a TOUJOURS raison.
— OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS !!!!!

Écoute-moi les les pisseuses.

— Oh les tronches, vous vous calmez ??? Ah, Bourzig souhaiterait participer au débat…
— Ben oui pasque c’est pas elles qu’ont été sur la lune les filles, et qu’ont trouvé les grandes inventions…
— Tu as tort Bourzig, on leur doit la pince à linge et le clafouti aux cerises…
— HOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOÉÉÉÉÉ !!!!!
— Et la tarte Tatin…
— Très juste Trapugne. Mais la meringue, c’est nous…
— Et les épinards c’est qui ???
— Ben vois-tu Bourzig, les épinards c’est pas une invention, c’est une découverte, comme l’Amérique…
— Ouais moi les épinards j’aime pas trop…
— On s’en fout Morgnole, Fanny ???
— M’sieur !! Vous regardez quoi en premier chez une dame ???
— Oh, c’est très indiscret comme question. Ce que je regarde en premier ??? Son intelligence bien sûr. Ce qui saute aux yeux quoi. Et j’avoue une nette préférence pour les dames bien dotées en intelligence…
— Ah ben moi c’est les yeux que je regarde…
— Ah mais moi aussi, mais dans un deuxième temps, après avoir longuement conversé, appris à la connaître, je peux éventuellement m’intéresser à l’aspect physique, les yeux, les oreilles aussi…
— HOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOÉÉÉÉÉ !!!!!
— Pardon ?????
— … … …
— Ah ben vous êtes pas comme les autres alors…
— Et les endives, c’est pas une invention non plus ???
— Oh, t’as la dalle Bourzig ??? Ouais heu, si elles n’ont rien inventé les filles c’est peut-être pasqu’on leur a pas demandé en même temps…
— OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS !!!!!
— Hé m’sieur, le cassoulet, c’est une découverte ou une invention ???
— Bon quelqu’un peut lui donner un truc à bouffer à çui-là…
— Alors m’sieur, vous êtes d’accord, les filles c’est plus intelligent…
— Allons Fanny, pas d’exaltation je te prie. Ben je dirais que certaines filles sont plus intelligentes que certains garçons, que l’inverse est tout à fait crédible, et que concernant les 6e4, je vous laisse trouver les noms, ahahahah !!!
— … … … .
— Ok. Bon. Et bien heu… alors ces énergies renouvelables, on se les coltine ???

En tout cas, que les 6e4 me questionnent sur les choses de la vie, qu’ils reconnaissent de la sorte ma grande sagesse en toute chose me touche, c’est vrai. Pourtant j’essaie d’être discret quant à mes qualités. Mais bon, chassez le naturel et il revient au trot (pas au galop, pasque mon naturel est plutôt cool).

L'égoïsme expliqué aux enfants (2/2)

— Bon, un autre exemple alors, pour les mauvais esprits de la classe. Si vous avez deux bonbons, et que vous en donnez un, y vous en reste plus qu’un… c’est ballot hein ???

L’argument fit mouche, la classe approuva des deux mains, certains précisant même que quand on en a deux : on ne donne rien.

Ah la bonne heure !!!

Quand soudain, Bourzig m’interpella :
— Oui mais si c’est pour ma p’tite sœur le bonbon ??
— Surtout pas malheureux !!! C’est ça le piège !!! Méfiez-vous des p’tites sœurs !!! Ohlala la bourde !!!

J’expliquai à Bourzig que dans la vie, les tentations d’être généreux étaient nombreuses, surtout avec les plus faibles, mais qu’il fallait résister à la tentation, prendre sur soi, et que seul un travail quotidien, à la force du poignet, lui permettrait d’éviter de sombrer dans l’engrenage infernal d’un altruisme grossier.

— Et moi m’sieur, si j’ai pas fini mes nouilles, j’peux les donner à mon frère ???
— Si tu n’en veux plus, bien sûr que tu peux. Mais pense à lui demander quelque chose en échange. Et s’il refuse, sache que tu peux toujours les congeler.

S’ensuivit toute une série d’échanges où je réfutai un à un leurs petits arguments et pour finir, chassai sans façon leurs funestes manières.

Lorsque Fanny revint à la charge :
— Oui mais m’sieur, faut bien donner aux pauvres quand même…

C’en était trop, et mon sang ne fit qu’un tour (il aurait pu en faire plus, mais là aussi, je gère). Entendre de telles fadaises m’incita au malaise, ou, de telles vilénies convoquèrent l’embolie (en fait, j’ai hésité entre les deux formules, bien qu’ayant un penchant pour la première, et puis comme il fallait bien faire un choix, j’ai mis les deux).

— Ah bon, et pourquoi on donnerait aux pauvres, alors qu’on ne prête qu’aux riches ???

Les 6e4 échangèrent quelques regards médusés, puis, conquis par la logique exemplaire de mon trait, s’enflammèrent, opinant à volonté devant tant d’évidences.

— Compris les enfants ???? Alors, à apprendre par cœur pour la semaine prochaine : « Dans la vie, vaut mieux avoir trop de bonbons que pas assez ». Et entraînez-vous !!!

La ferveur gagna l’effectif :

— Oh m’sieur, l’égoïsme c’est trop bien !!!
— Oh c’est trop cool m’sieur !!!
— Je sais mes enfants…

Une première larme dévala ma joue burinée par les embruns iodés de ma salle de bain mal ventilée. Je venais de former une bande de parfaits égoïstes, je n’en étais pas peu fier, mais je pris sur moi et n’en fis pas toute une histoire.

Tu comprends enfin cher lecteur la dure tâche d’enseigner, la difficulté de leur faire saisir une notion simple. Ah mon dieu, que de rabâchages !!! Mais telle est notre mission, notre sacerdoce, notre chemin de croix.

La tâche fut rude, il est vrai, car subsistait chez les 6e4 un reliquat de générosité, conséquence d’une éducation bâclée et irresponsable. Alors ne les blâmons pas. Et puis je les comprends, car moi aussi, avant d’être un maître en radinerie, j’étais d’une générosité naturelle, d’une gentillesse maladive, et d’une bonté divine.

Alors je regardai au loin, par-delà l’effectif, ces feuilles mortes que le vent emporte, au son des sanglots longs des violons de l’automne, et de nouveau, l’émotion me submergea, telle la chantilly le banana-split.

L'égoïsme expliqué aux enfants (1/2)

Notre jeunesse me sidère.

Ce matin, après avoir disserté longuement sur le biclou, avec la passion que tu me connais cher lecteur et qu’un tel sujet implique, tour à tour vibrant à l’évocation de la pompe à vélo, puis totalement exalté, brandissant tel un trophée une chambre à air à plat, et pour finir, simplement émouvant, narrant sans emphase l’histoire épique de la rustine, les larmes aux yeux donc, je précisai à mes 6e4 somnolents, que le vélo était précieux, qu’il convenait de ne jamais s’en départir, et que l’on pouvait partager bien des choses dans la vie, mais son biclou : jamais.

Bourzig, Trapugne et Brizouille acquiescèrent, les nantis cosignèrent, l’effectif s’emporta, je touchais là à l’essentiel, l’affaire était entendue.

Jusqu’à ce que Fanny annonce que ce n’était pas bien de garder les choses pour soi, que c’était bien de prêter son vélo, pasque y’en a qui n’en ont pas, et patati et patata. Anaïs ajouta que d’une façon générale, il était bien de partager, que le monde en serait meilleur.

Mon dieu quelle horreur.

Ah !!! Quand l’empathie nous guette !!!!

Puis, Fanny nous fit un discours très affûté sur les droits de l’homme dont j’ignorais que l’on en disposait autant, et je crus bon de calmer la joliesse par une remarque apaisante et de bon aloi :
— Et ta sœur ??? Elle bat l’beurre ???

J’ignorais à ce jour que les 6e4 faisaient partie de la promotion « Abbé Pierre », je m’enquis au plus vite de rapatrier mes rastaquouères dans le monde réel, celui de l’égoïsme partagé par tous.

(Oui, je sais ce que tu penses de l’égoïsme, cher lecteur, à savoir que certains de nos compagnons de petite taille en sont fortement dotés dès la naissance. Je le sais. Mais chez eux, l’égoïsme est empirique, instinctif et pour tout dire, souvent malhabile. Et tu connais ma mission de technologue, structurer ces notions souvent diffuses, les compléter, afin qu’ils puissent en toute circonstance faire preuve d’un égoïsme de qualité, loin de l’amateurisme désinvolte affiché par certains et qui nous révulse tant.)

Je ne sais si la vérité sort de la bouche des enfants, mais les âneries en débordent, et je me devais donc, en tant que pédagogue émérite, de mettre le holà à ces élucubrations humanistes menant tout droit dans le mur de l’appauvrissement.

Mais comment faire ???

Ben comme ça :
— Attention les enfants !!! Partager c’est bien, mais partager, c’est avoir moins !!!

Les 6e4 accusèrent le coup, frappés par l’évidence de mon postulat.

Puis j’enchaînai avec la virtuosité que tu me connais cher lecteur (franchement des fois, y me manque que la toge) :
— Par exemple, si vous avez quatre bonbons, et que vous en donnez un, y vous en reste plus que trois… c’est ballot hein ???

Mais hélas, l’effectif fit la moue, mon argument de choc les laissa de marbre (et quand on fait la moue, c’est pas évident).

— Oui mais m’sieur, y nous en reste quand même trois… de bonbon… c’est bien déjà…
— Qui qu’a dit ça ????? Ah oui ???? Alors si tu as quatre roues à ta voiture et que tu en donnes une, comment tu fais pour rouler toi ?? Avec trois roues ???? Hein ???

L’argument fit mouche, la classe approuva des deux mains, certains précisant même qu’ils n’y avaient pas pensé.

De toute façon, y pensent à rien ces gamins.

À suivre…

Merci Bourzig

Ce matin, trois lignes de cours à écrire, et comme d’habitude, Bourzig n’a pas l’air de s’en inquiéter, tout occupé à tripoter un bracelet que je ne lui connaissais pas, comme d’ailleurs son goût pour les bijoux moches. Je m’approchai mine de rien, me postai devant le sieur, qui s’interrompit illico, son regard cherchant désespérément un point de fixation, pour s’arrêter finalement sur la vis supérieure de l’interrupteur de l’entrée, choix somme toute assez pertinent, tandis que j’indiquai d’un doigt souple et gracile l’objet de ses attentions.
— Ben Bourzig, c’est quoi ça ????
— Quoi ça ????
— Ben ça, là…
— Où ??? Là ???
— Non, là, ça…
— Là ????
— PUTAIN DE MERDE MAIS C’EST PAS COMPLIQUÉ BORDEL !!!!! LÀÀÀÀ !!!
— Ah ça !!!!
— Oui ça…
— Ben c’est ça…
— Et c’est quoi ???
— Un bracelet d’énergie, pour avoir de l’énergie à revendre.
— Ah ouais, et t’en vends ???
— De quoi ????
— PUTAIN MAIS TU LE FAIS EXPRÈS OU QUOI ???? DE L’ÉNERGIE BORDEL !!!!
— Ben non pourquoi ???

Oh putain.

— Et t’as plus d’énergie qu’avant ???
— Ben j’arrive pas trop à dire.
— Ouais, ben moi j’vais te le dire, j’peux t’parler franchement Bourzig ???? Sans s’énerver et tout ??? En respectant la loi et tout l’toutim ???
— …

À cet instant, Bourzig s’attend au pire, et il n’a pas tort, c’est même plutôt bien vu comme stratégie. Et je t’entends d’ici cher lecteur, louer notre Bourzig pour cette sage précaution, et comme tu es une bonne personne, tu vas ajouter pour le réconforter que le pire n’est jamais sûr, ce à quoi je répondrai que le moins pire non plus, et bien sûr tu préciseras cher lecteur, à mon intention, qu’il n’est jamais bon de s’abandonner à l’emportement, et je conclurai en te disant que si tu voulais bien te mêler de tes oignons et me laisser faire mes cours comme j’en ai envie, merci.

(Putain c’est vrai quoi, ces lecteurs qui interviennent en permanence, oh, c’est le blog à qui ici ???)

Mais avant de délivrer le pire, je remarquai une vaste tache d’encre sur son cahier.
— Mais, t’as déjà noté le cours ???
— Ben oui…
— Alors là, chapeau l’artiste… alors ça, pour une surprise, c’est une sacrée surprise…
— Ben j’ai écrit comme une fusée…
Ainsi donc, c’était ça que j’avais remarqué sur le cahier : des traînées de poudre.

— À la bonne heure !!! Ben ça fait plaisir, bon sang de bon sang de cacahuète à ressort de chierie infâme, non ???
— Ben c’est le bracelet d’énergie…
— Tu veux dire cette merde à ton poignet ??? Ouais, ça doit être ça oui… heu dis… heu… ça marche pour tout le gain d’énergie ???
— Ben j’sais pas… mais j’crois qu’oui, vous voulez en acheter un ???
— Oui oh, j’demandais ça comme ça… mais c’est vrai que des fois j’ai des p’tites faiblesses au niveau du genou, enfin j’me comprends, heu… quand je fais mon footing, en fait…
— Ben avec le bracelet vous pouvez faire le marathon.
— Le marathon ??? Héhé !!! Alors là, tu m’intéresses mon gaillard !!

Et c’est ainsi que Bourzig et moi-même arborons depuis peu nos bracelets d’énergie, unis par cette passion commune de faire pour le mieux, lui en notant dorénavant deux trois bricoles en cours, et moi, en limitant si possible, les plaintes inévitables qui ne manquent pas d’affluer après les promesses exaltées faites au resto.

Mais bon, j’ai pas encore testé.

Le catch (3/3)

Puis les compères enchaînèrent prises sur prises, toutes conclues en chutes impromptues agrémentées d’onomatopées diverses, ou selon, en gamelles mémorables, qu’ils prirent soin d’intituler, en anglais bien sûr, expressions dont je vous fais une traduction sommaire : l’étêtage printanier, le désossage lombaire, la niveleuse nasale, le défriseur à main, la guillotine enchantée, etc.

Et je confesse cher lecteur, ma grande surprise d’autant de virilité émanant de si peu. Et que diable, quelle énergie !! Quand on sait ces deux lascars abonnés à un constant immobilisme, sans doute leur seul forfait mais celui-ci illimité, qui m’interrogea bien des fois, je ne peux m’empêcher d’y voir quelque diablerie. Oh bien sûr, Einstein nous expliqua que la matière n’était que de l’énergie figée, mais bon dieu !! Voyant Bourzig, qui le croirait ??? En faudrait-il de foi aux incrédules d’imaginer derrière tant d’inertie moult électrons tournoyant à en perdre tête autour de noyaux stoïques n’en demandant pas tant ??? Car enfin, comment autant de mouvements produisent si peu d’actions ???

Ainsi donc, Bourzig était de la race des guerriers, valeureux combattant hargneux à l’ouvrage, digne descendant de nos ancêtres chasseurs de mammouth, ne reculant devant rien pour assurer l’apport en protéine de la tribu (mais quid des fibres ???), hormis les devoirs à la maison, tandis que les femelles admiratives reprisaient leurs pantoufles en peau de tyrannosaure retourné, traditions perdues à jamais, comme Amina le démontra par cette déclaration laconique :
— C’que vous avez l’air bête…
— L’air con tu veux dire…

Là encore, ce fut Fanny qui précisa le détail psychiatrique, décidemment une élève remarquable cette Fanny, et bien que tiquant sur le choix du mot, je m’abstins de reprendre la joliesse, d’autant qu’Anaïs, arrivant sur les lieux, observant le fatras de jambes sur ce coin de pelouse, abrégeât la démonstration par un substantiel :
— Ben qu’est-ce qu’y font ??? Y s’font des mamours ???

Il n’en fallut pas plus pour que les 6e4 s’adonnassent à une franche rigolade, à laquelle je contribuai à hauteur de mes moyens, alors que les deux lascars stoppaient net leurs malaxages guerriers et autres tripotages belliqueux, sentant, plutôt intuitivement dois-je dire, qu’ils passaient vaguement pour des cons.

Ainsi les deux compères découvraient le sens du mot « ridicule », comme toi cher lecteur, le jour où ta conquise, après t’être donné un mal fou à l’honorer, faisant la somme de nombreuses lectures mal comprises, t’a regardé avec la bienveillance requise — mais bienveillance n’est pas complaisance — t’adressant un « j’peux t’parler franchement ??? », qui te vit hésiter, et tu fis bien, puis au hasard répondre « oui », et tu fis mal, car le hasard parfois fait pire les choses, et tu découvris le sens du mot ridicule bien que celui-ci ne fût jamais prononcé.

Mais hélas, toute chose ayant sa fin, je devais mettre un terme à leurs familiarités.
— Bon allez, ça va sonner… allez vous ranger…

Et c’est ainsi, qu’en ordre dispersé — en désordre donc — cette jeunesse prit congé mais aussi à partie les deux compères, Bourzig et Trapugne, tout débraillés du ventre et pantalons crottés, ferraillant ferme avec les 6e4 un brin moqueur, ressassant que non, ils n’étaient pas « pédés », que c’était du n’importe quoi, que c’était même l’inverse, et que chacun ferait bien de cesser ses allégations au risque de subir les prises de catch adéquates.

Mais peine perdue, quolibets et menaces en tout genres, à défaut d’apeurer l’effectif, firent redoubler leurs éclats de rire.
Bienveillant, tel qu’en moi-même, comme tu le sais cher lecteur, j’intervins pour calmer tous ces zozos :
— VOUS ARRÊTEZ DE LES EMMERDER OUI ?!?!

Là encore, par la magie d’une pédagogie adaptée, les 6e4 cessèrent d’un coup leur mufleries, saisis sans doute d’une prise de conscience opportune, valant indicateur de leur maturité, dont j’assumais la fierté.

Et c’est ainsi que s’achève cette épique épopée des 6e4, faite de tous ces petits riens qui ne font pas grand-chose, mais comme tu le sais cher lecteur, abondance de riens ne nuit pas. Par contre, j’espère que l’abondance de violence ne t’a point trop affecté cher lecteur, je te sais sensible sous ton air bourru, mais crois-en mon expérience, un peu de repassage devrait te détendre.

Et puis le printemps est là non ??? C’est pas sympa ça ???? Ne serait-ce pas pour toi l’occasion d’ouvrir une fenêtre ???

Le catch (2/3)

La séance de catch

AVERTISSEMENT !!!
Les séquences suivantes décrivent des prises de catch d’une violence inouïe qui ne doivent en aucun cas être reproduites chez vous. En effet, ces prises sont réalisées par des professionnels de la gamelle — des gosses — qui disposent d’une souplesse que tu n’as plus depuis belle lurette cher lecteur, donc ne cherche pas à les imiter pour faire le mariole à la boulangerie, tu vas encore te niquer une lombaire.

En guise de ring, les deux compères firent le choix d’un carré de pelouse proche de la salle techno, à l’abri de la cour. Les 6e4 et moi-même formâmes autour des deux spécimens un cercle, mais en forme de carré donc.

— Bon on y va, vous regardez m’sieur ???
— Mais bien sûr Bourzig, je n’en raterai pas une miette…

Je ne pouvais mieux dire.

C’est Bourzig qui s’élança le premier, sur quelques mètres, proposant d’emblée un bond impressionnant suivi d’un effet saisissant de cisaille des jambes avec comme objectif clair le cou de Trapugne, une variante tout à fait pertinente à la strangulation standard, le tout assorti d’un cri poignant, assez proche dans l’esprit à ce que l’on peut produire lorsque le marteau est fâché avec le clou, et qu’il s’en prend aux doigts. Mais voilà, Trapugne feinta, et la cisaille ne cisailla rien du tout, ne délivrant qu’un simple croisement de jambes, assez banal en fait, mais plutôt virulent, car écrasant tout de même au passage ce que les hommes ont de plus précieux en leur milieu et qui fait une de leur rares qualités.

Après leur Codevi, bien sûr.

— Et là m’sieur, j’y ai fait un flying neckbreaker…
— Oh putain…
Le « flying neckbreaker », avec l’accent du coin, et dans la bouche de Bourzig, loin de vous glacer le sang, vous oblige à une certaine retenue, celle qui évitera de vous effondrer mort de rire dans d’abominables convulsions. Mais conviens avec moi cher lecteur, que l’expression est sans ambiguïté.

— Mais j’l’ai un raté un peu, attendez, j’le refais…
Vas-y Bourzig, fais-toi plaisir.

De nouveau donc, Bourzig s’élança, sauta plus haut encore, un cri déchirant escortant l’ensemble, assez proche dans l’esprit à ce que l’on peut produire lorsque quelqu’un ferme la porte que vous vous apprêtiez à franchir, puis en plein vol ses jambes se croisèrent, nous en fîmes autant avec nos doigts, et bien nous en prit. Car hélas, bis repetita placent, Trapugne ayant lâchement feinté, Bourzig expérimenta la cruelle loi de la gravité qui veut que tout corps projeté en l’air met un point d’honneur à regagner le sol à une vitesse dramatique — peuchère, ça m’a fait peine à voir — suivant une trajectoire parfaitement rectiligne alors qu’en ces occasions on la souhaiterait un poil plus incurvée.

L’effet fut quasiment immédiat :
— Ouillouillouille !!
— Oh Bourzig, t’as mal au cul ???
— Non non ça va… impeccable… un peu quand même…
Bourzig crânement informait la ribambelle que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes (Haïti non compris bien sûr, ça c’est moi qui rajoute), et bien qu’il s’en défendît, sembla boiter vaguement des fesses.
— Aussi bien, tu t’es pété le coccyx…
— Le quoi ???
— Un os des fesses imbécile !!!
C’est Fanny qui précisa le détail anatomique, ce qui fit bien rire les 6e4, car tu le sais cher lecteur, la fesse possède un potentiel humoristique extrêmement puissant, et ce à l’unité ou la paire, etc.
— Bon, t’es sûr que t’as pas mal au cul ???
— Non m’sieur, ça va très bien, regardez… impec…
Bourzig montra son cul à l’auditoire et en effet, aucune marque n’affleurait du postérieur, nous en fumes fort aise et bien heureux pour lui.

Étant passionné par le spectacle je m’apprêtai à m’éclipser, rejoindre la salle des profs — j’ai tant de chose à faire cher lecteur — surtout que le soleil ayant pointé et son cortège de jupes, il était temps d’établir après cet hiver si ces dames avaient su préserver leur capital. Enfin bref j’avais, en raison de toutes ces jupes, et je vous la fais courte, quelques gambettes à mater.

— Hé m’sieur, partez pas !!!
— Mais j’partais pas, je me retournai seulement…
— On va vous montrer une prise avec Trapugne… alors voilà… je le soulève… je serre là… voilà… je le soulève… je le bascule… et… et…
— Et ??

Et la suite, je vous la raconte, car ça ne s’est pas passé exactement comme prévu.

C’est le nez de Bourzig qui rejoignit le sol en premier, bien que mon goût pour la précision me contraigne à dire que suite à un habile pivotement de la nuque, le nez échappa in extremis à l’impact, la joue attenante proposant une alternative, au pied levé si je puis dire, s’offrant en sacrifice, s’écrasant mollement à la vitesse du son sur les mottes sous jacentes. Trapugne, quant à lui, fit le choix d’amortir sa chute avec son oreille droite, choix qui nous parut pour le moins curieux et nous laissa dubitatifs, mais n’étant pas catcheurs nous-mêmes, nous nous gardâmes de tout commentaire, laissant les spécialistes de la chose tout à leur art, et son oreille aux pissenlits.
C’est donc faces contre terre que les deux lutteurs de 6e4, joue cramoisie et finement mouchetée pour l’un, oreille bleutée par l’impact, rehaussée par un trèfle à trois feuilles pour l’autre, indiquèrent vouloir enchaîner par une démonstration de catch au sol, et reprirent de plus belle leurs cisailles de jambes, contorsions en tout genre, jusqu’à ce que Trapugne, dans un geste très élégant, à la limite de l’épure, enserre le cou de Bourzig entre ses cuisses fortement, jetant à l’entour un regard triomphant, la satisfaction du travail bien fait sans doute, simulant un étouffement du plus bel effet mais que je dus interrompre en raison de la couleur du visage de Bourzig qui, ne figurant sur aucun nuancier, m’incita à la plus grande prudence. Libéré de l’étreinte, Bourzig, un poil revanchard, se colla au train de Trapugne, et dans un prompt mouvement, à une vitesse que je ne lui connaissais pas, glissa ses bras sous les aisselles de ce dernier, plia les coudes, colla ses deux mains derrière sa nuque et me regarda conquérant, toute langue dehors, signe hautement viril s’il en est :
— Et là, j’y pète la nuque…
— Allons mon enfant, du calme…

À suivre…

Le catch (1/3)

Comme tu l’ignores cher lecteur, la grande mode chez les garçons de 6e4, c’est le catch.

Le catch, sport noble s’il en est, héritier d’un art millénaire, ébauche touchante d’un kamasoutra à venir, véritable florilège de torsions en tout genre, concassages de nez et démembrements divers, pilages dentaires et d’étranglements variés mais toujours réalisés avec le souci de la finition des amateurs de bel ouvrage, et dans le respect de l’adversaire, a su porter haut les valeurs de fraternité et de virilité, laquelle faisait se pâmer ces dames auxquelles ces muscles saillants laissaient présager moult promesses d’extase.

C’est donc Bourzig qui assurait la continuité de cet art ancestral au sein des 6e4.

— Hé m’sieur !! Vous aimez le catch ???
— Le catch ??? Heu… ben… heu… ah ça oui alors…
— Samedi j’ai dormi chez Trapugne et sa mère elle nous a laissé regarder le catch…
— Ah, sympa, et tu dors chez Trapugne toi ???
— Ben oui des fois, et samedi c’est lui qui vient…
— Super…

L’échange de rejeton est une tradition dans nos contrées où l’usage veut que les géniteurs procèdent à des échanges standards qui permettent d’une part, à l’envoyeur de se débarrasser provisoirement de la chair de sa chair afin de s’adonner à une sexualité post-dînatoire absolument indigne, et d’autre part, au récepteur, d’annihiler toute velléité du sang de son sang à bordéliser son salon, en vertu de la règle sacro-sainte qui veut que deux emmerdeurs s’annulent. Toutefois, il peut arriver que les emmerdements s’additionnent, auquel cas, il conviendra d’ajouter un troisième élément, un petit frère ou une petite sœur fera parfaitement l’affaire, faisant office de fusible, concentrant les emmerdements sur lui seul. Cette tradition est si fortement ancrée localement, qu’il m’arrive encore aujourd’hui d’aller dormir chez l’une, chez l’autre, et réciproquement bien sûr.

— Hé m’sieur, mon héros en catch, c’est Jeff Hardy, trop top Jeff Hardy…
— D’ailleurs m’sieur, Bourzig y veut qu’on l’appelle Jeff…
— C’est vrai Bourzig, tu veux qu’on t’appelle Jeff ??? Jeff Bourzig… ça sonne pas mal…
— Oui… je trouve aussi…
— Un nom de catcheur… j’veux pas te vexer Bourzig, mais t’as rien d’un catcheur…
— Si m’sieur, il a le masque !!
— Oh… t’as un masque ??
— Oui, tout noir avec des décorations en argent et des trous pour les yeux…
— Ben c’est un peu le principe du masque, les trous pour les yeux…
— C’est ma mère, elle m’a acheté la boite, y’a le masque, une figurine, et des cartes pour collectionner…
— Et dans la boite, y’avait pas des muscles aussi ??? Ahahahahahah…
— ?!?!

Oh que c’est méchant, oh que je regrette, mais je ne pus m’empêcher, car pour ne rien te cacher cher lecteur, vu de face, Bourzig a plutôt le profil abat-jour.

— Je plaisante Bourzig, mais tu fais des pompes, des abdos ???
— Ben oui, des pompes avec les bras, regardez…
Bourzig sortit de sa manche ce qui ressemblait fort à un bras, en plia le coude plutôt adroitement et contracta l’ensemble, prenant soin d’accompagner le tout d’un rictus répugnant, signe de l’intensité de l’effort accompli.
— Ah oui, t’as un bras…
— Mais non, regardez, c’est dur, vous pouvez toucher…
— Fais voir… pfff, mais c’est normal que ce soit dur, c’est l’os.
— Oh c’est pas l’os !!!
— T’as raison, ça doit être un bout de cartilage…
— ?!?!

Oh que c’est méchant, oh que je regrette, etc.

Pour compenser, je fis mine de m’intéresser.
— Mais tu connais des prises, tu t’entraînes ???
— Oui, tous les soirs, avec ma p’tite sœur…

Bien pratiques les p’tites sœurs.
Si comme moi cher lecteur, tu t’es souvent demandé à quoi pouvait bien servir une p’tite sœur, sache que Bourzig nous donne ici quelques pistes de réflexion voire un début de réponse. En effet, grâce au catch, la petite sœur trouve ici tout son sens, et l’on ne peut que s’incliner devant dame nature qui veille à pourvoir chaque petit mâle d’une colistière, accessoire sonore certes, mais qui servira d’exutoire au petit mâle en quête de virilité. La petite sœur retrouvant ici son usage premier, reste un point à élucider, et tu conviendras cher lecteur que cette question nous taraude, mais à quoi peut bien servir une grande sœur ??? Il semblerait que la nature dans sa grande bonté, ait doté le petit mâle d’une « grande sœur », avec l’objectif honorable de lui voir un nichon, à l’occasion — ce qui d’expérience cher lecteur n’est pas chose facile — ceci afin de parfaire sa formation d’homme.
(Cher lecteur, si tu as des questions existentielles, sur le sens de toute chose par exemple, ou l’entretien de ton micro ondes, n’hésite pas à me contacter, j’ai beaucoup réfléchi sur tous ces sujets.)

— Avec ta petite sœur ?? Et tu gagnes des fois ??? Ahahahahahah…
— ?!?!

Oh que c’est méchant, oh que je regrette, etc.

— Hé m’sieur, vous regardez pas le catch le samedi soir sur NT1 ?? C’est tard, mais c’est bien…
— Ah non, mais maintenant que tu m’en parles…

Quoique je me voie mal annoncer à la conquise du moment qu’il faut interrompre la séance de calinous pour cause de catch à 22h, et qu’en attendant, elle peut toujours faire un peu de ménage.

— M’sieur vous devrez regarder, y’a des filles catcheuses aussi… avec des gros… pffff… hihihihi…
— Des gros quoi ??? Ah…

À cet âge, le lolo fait beaucoup rire, et de quelque atout humoristique semble paré — ce qu’à mon âge avancé point n’apparaît — et ce à l’unité ou la paire, la quantité ne changeant rien à l’affaire, mais dis-moi lecteur lorsqu’à ces âges reculés nous étions, si pareillement hilares nous rendait le nichon ?? Dis-moi lecteur, l’était-on ??
Ceci pensé, je me demandai bien pourquoi Bourzig et Trapugne supposaient que le lolo m’intéressât, alors que je fais preuve de la plus grande discrétion sur ma vie privée, les parents m’en étant par ailleurs largement reconnaissants.
— Ah mais je regarderai alors…
— M’sieur, à la récré, on s’entraîne avec Trapugne, vous viendrez voir ???
— Mais bien sûr, et en plus, j’ai qu’ça à faire…

À Suivre…

Les 6e4 en entrée

— HÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!! MAIS C’EST PAS UN PEU FINI CE BORDEL !!!!!!!!!

Hé oui cher lecteur, aujourd’hui, j’ai décidé de retransmettre en direct pour toi, un début de séance avec les 6e4.

— VOUS COMMENCEZ SÉRIEUSEMENT À M’EMMERDER !!!!

Voilà, il s’agit d’une entrée en matière de type standard, somme toute assez classique, je n’ai rien inventé dans ce domaine, dans les autres non plus d’ailleurs (ça c’est une ex qui voulait que je rajoute). J’aurais pu en choisir une autre mais le principe étant toujours le même, celle-ci m’a paru plutôt représentative.

(À l’attention de l’ex en question, je n’ai peut-être jamais rien inventé, mais moi au moins, je sais faire une vinaigrette.)

— LE PROCHAIN QUE J’ENTENDS JE LE COLLE TOUS LES MERCREDIS JUSQU’AUX PROCHAINES VACANCES !!!!

Là encore, du traditionnel, du bon gros cliché, de la bonne grosse pédagogie, pas de pinaillage inutile, c’est d’entrée de l’obus de 75, mais ça fonctionne pas mal. Je précise que je n’ai suivi aucune formation sur les « entames » de cours, je fais ça au « feeling », c’est sans doute ce qu’on appelle la « vocation », je n’ai donc aucun « mérite », et ma foi, je n’en ferai « pas » tout « un » plat (sympa les guillemets non ?? Bon, j’ai pas encore trop l’habitude, mais c’est super, et en plus ça se referme tout seul, trop top l’intelligence artificielle). Toutefois, je précise que ça me ferait mal au « tralala » de les coller tous les mercredis vu qu’on est censés leur filer du boulot et éventuellement l’évaluer : autant se coller soi-même.

Pour résumer, une introduction en trois parties donc, d’abord le binôme constat/injonction : « BORDEL !! » et « MAIS C’EST PAS UN PEU FINI !! ». Puis, très important, porter à la connaissance de l’élève le préjudice subi, de façon concise bien sûr, veillez à ne pas dramatiser : « VOUS COMMENCEZ SÉRIEUSEMENT À M’EMMERDER !! ». Voilà, pas de pathos inutile donc, et pour conclure, une information détaillée sur les risques encourus, les élèves ont le droit à l’information, soyez précis, l’enjeu doit être parfaitement clair, exprimé en peu de mots : « LE PROCHAIN QUE J’ENTENDS… etc. ».

Bien.

Après ces quelques vocalises d’introduction (excellent pour débuter une séance, ça éclaircit la voix, le timbre s’en trouve raffermi, la portée démultipliée, et l’attention de l’effectif nettement plus soutenue), je me livre à quelques banalités d’usage.

— Mes chers élèves, mes petits acariens, permettez-moi de vous présenter en ce début d’année mes meilleurs vœux pour 2010…
— Mais m’sieur on est en mars !!!
— Sans blague… et alors ??? C’est illégal ??? Je vous souhaiterai la bonne année quand je voudrai et puis c’est tout, non mais qui c’est le prof ici…

Je sais que l’on doit souhaiter la nouvelle année impérativement avant fin janvier sinon les vœux sont frappés de nullité, ou leur effet inversé et multiplié par dix. Alors qu’en toute logique, ce devrait être possible jusqu’à fin mars, et en matière de logique, je suis très performant, c’est le seul domaine d’ailleurs (ça c’est l’ex qui voulait que je rajoute).

— Je vous la souhaite pleine de bonheurs cette année, et surtout pétrie dans de la bonne pâte d’amour. Car, comme le disait mon Maître Shar Li, face aux accrocs de l’existence, seul l’amour saura repriser les chaussettes de la destinée et protéger à jamais les orteils de la vie. Mais aussi pleine d’amitié, car l’amitié, la vraie, et là encore je cite mon Vénéré Maître : est semblable au cure-dent salutaire du repas du dimanche, qui agit discrètement dans l’ombre pour assurer la pérennité du lien social. De l’amour de l’amitié, mais aussi du cassoulet, car le cassoulet…

(À l’attention de l’ex, je ne suis peut-être pas très performant dans tous les domaines, mais moi au moins, je ne roule pas deux cents km avec le frein à main serré.)

— Heu… je m’égare, mais vous avez noté comme moi que 2010 contient deux zéros, c’est-à-dire bien moins que cette classe…
— OUUUUUUUUUUUUUUUH !!!!!!
— … mais aussi un 20. Est-ce un objectif fixé par la destinée à certains d’entre vous ???
— Mais m’sieur, dans 2010 y’a aussi un 10…
— Oui, la destinée a pensé à toi Bourzig…
— Hé m’sieur !! Vous avez fait le réveillon ???
— Bien sûr mon enfant…
— Vous avez dansé ???
— Heu… oui bien sûr… en tout cas, l’intention y était…
— Vous avez bu du champagne ?? Pasque nous, on a bu du champagne et j’ai eu le droit de goûter d’ailleurs…
— Du champagne ?? Bof, moi l’alcool… Faites attention à l’alcool les enfants, c’est très mauvais pour la santé…
— Et mon grand frère il a fait péter des pétards, c’était trop rigolo…
— En effet, rien de mieux pour une bonne poilade que quelques pétards, heu… mais attention avec les allumettes les enfants, ça peut être très dangereux…

(Isabelle, cessons les chamailleries veux-tu ? Je sais que tu lis ce blog, et que les phrases précédentes empreintes de morale excessive doivent te faire doucement rigoler, mais je ne peux décemment pas leur raconter la vraie vérité, mon autorité en pâtirait, et quand l’autorité en pâtit, les souris dansent. Et j’ai encore 4 mois à tenir avec eux. D’ailleurs, Isabelle, j’en profite pour te présenter mes meilleurs vœux et dans la foulée toutes mes excuses. Mais d’abord, je souhaite en premier lieu te remercier pour ton invitation au réveillon, puis faire le point sur les remarques que tu m’as faites suite à ce dernier, car je dois à l’honnêteté de dire, que si ce que tu avances n’est pas entièrement vrai, il n’en reste pas moins que ça n’est pas totalement faux. C’est vrai que tout avait bien commencé. Personnellement je ne m’en souviens pas, mais je te crois sur parole. Car il est vrai hélas, la fatigue du premier trimestre sans doute, que je suis, à mon corps défendant, tombé ivre mort sur la moquette, manquant d’écraser le couffin de ta sœur, aux alentours de 23h00. Heure estimée d’après les nombreux témoignages, car personnellement, et tu vas encore pinailler, je n’avais plus toute ma tête. Tombé oui, mais non sans avoir levé mon verre une ultime fois à l’année 2009, que j’ai paraît-il annoncée assez maladroitement je le reconnais, comme étant l’année de la meuf, alors que tu étais la mienne, jusqu’à 23h00 d’ailleurs (tiens c’est marrant, quelle coïncidence !). Je regrette d’autant ma médiocre prestation, que tu avais profité de l’occasion pour me présenter tes parents, que j’ai du coup, assez peu connus. Bien que leur présence fût paraît-il très utile, car c’est ton père qui m’a tiré par les pieds jusqu’à la chambre de tes gosses, où je me suis éteint dans un total recueillement, et pour une petite quinzaine d’heures. Je profite donc de ce billet pour m’excuser auprès d’eux, de tes amis, qui se faisaient un bonheur de me rencontrer, des enfants de tes amis, et pour les diverses claques que je leur ai filées en douce, mais je n’ai pas eu le choix, il faut me comprendre, ils ont bouffé les meilleurs toasts du buffet. Je regrette que sur ce malentendu, tu m’aies foutu dehors sans autre forme de procès, dès le réveil, à jeun donc. Bravo, c’est du propre. Que tu aies pu te méprendre de la sorte à mon sujet m’indigne, car contrairement à ce que tu suggères, je ne suis pas infréquentable. Mais je ne t’en veux pas, car l’erreur est humaine, et tu en fais partie. Bien sûr, tu m’excuseras auprès de ta mère, je ne sais ce qui m’a pris, mais vous vous ressemblez tellement, que la confusion des seins était possible. Toutefois, je trouve regrettable, pour ne pas dire déloyal, qu’elle ait laissé ton père me faire des remarques, sur un ton quelque peu péremptoire, avec des allusions sur ma santé mentale fortement connotées. Je m’inscris donc en faux contre ses allégations, et nonobstant mon taux d’alcoolémie, il aurait vu de quel bois je me chauffe. Je dois avouer que j’ai trouvé tout ça, en fin de compte, plutôt petit. Concernant le début d’incendie dans la chambre de tes enfants, c’est vrai, je te dois une explication. En fait, c’est ton fils qui a commencé, en prétendant qu’avec tout ce que j’avais bu, il me fallait éviter d’approcher un briquet de ma bouche. Son insolence m’a profondément choqué, et c’est en me relevant maladroitement de son lit, où je faisais une pause pour réfléchir à la situation au Darfour, que voulant lui démontrer l’ineptie de sa supputation, j’ai chuté briquet en main sur le rideau, qui s’est embrasé, c’est pas faux, mais juste le bas, et sur un mètre à peine. Je te concède que verser une bouteille de whisky pour éteindre le brasier était, selon tes propres termes « complètement débile » mais je te rappelle qu’après quelques verres, ce n’est pas l’intelligence qui me caractérise le mieux. Concernant l’argent que tu me réclames pour remettre en état ta salle de bain, je te trouve un brin chicaneuse, sachant que les toilettes étaient occupées, j’ai dû me débrouiller et faire preuve d’initiative. J’en suis hélas une fois de plus bien mal récompensé. Quant au « problème » supposé que j’aurais avec l’alcool, détrompe-toi, c’est rigoureusement l’inverse, et sache que je fais le maximum pour inverser la tendance. Décidemment, tu ne me mérites pas. Sache pour conclure, que j’accepte ta proposition de ne plus jamais me revoir, ça te fera les pieds.)

Voilà cher lecteur la façon dont débute une séance avec les 6e4.
Celle-ci était particulière puisque nous sommes en mars et qu’il y avait la séance des vœux. Mais dorénavant, cher lecteur, tu pourras fanfaronner sans retenue à la laverie automatique en abreuvant tes voisins de tes connaissances en 6e4 tout en comptant tes torchons de cuisine.

Sympa Charly non ????

Ne me remercie pas, c’est fait de bon cœur.
(Envoie-moi plutôt un chèque.)

Les 6e4 et les pompes enchantées

Ou : c’est lorsqu’on s’y attend le moins, qu’il ne se passe pas grand-chose.

Cette phrase me fut inspirée lorsqu’absorbé par ma quête d’anecdotes afin de remblayer ce blog, je tombai en émoi devant les tatanes à Bourzig.

En effet, deux superbes baskets ornaient ses espingouins. De couleur orange, un orange fluorescent tirant vers le vindicatif avec de jolis reflets outrageants, dont on peut raisonnablement estimer qu’une exposition prolongée à son rayonnement, ne donne un léger hale aux 6e4, tant il est vrai qu’une telle intensité aurait rendu envieuse n’importe quelle source radioactive.

Mais ne soyons point trop taquin me dis-je, je me contentai donc d’une simple observation auprès de mon enluminé des pieds :
— Hé bé Bourzig, que voilà une bien belle paire de baskets…
— Oui je sais, 28,90 € à la Halle aux Chaussures…
— Une paille en fait… mais dis-moi, ne sont-elles pas un peu grandes ???
— C’est ma mère, elle a pris deux tailles de plus pour que ça me fasse jusqu’à la troisième.

En mon for intérieur, je fis un rapide calcul : à la vitesse scolaire de Bourzig, dix pointures supplémentaires eussent été plus prudentes, mais peut-on reprocher l’optimisme d’une maman ????

— Sage précaution. Pis elles sont discrètes tes baskets, manquerait plus qu’elles clignotent…
— Mais elles clignotent !! Regardez, j’appuie là… et hop…

Bon sang !! Il disait vrai !!! Ses baskets clignotaient !!

J’observais, admiratif, les baskets clignoter, et je fus soudain transporté à travers l’histoire de l’humanité, ému, arpentant ce fabuleux chemin qu’est l’histoire des inventions, cette épopée qui nous mena sans coup férir du silex au presse-purée, en passant par l’exploration lunaire et le fil dentaire. Alors je m’inclinai devant Newton, Einstein, et Adidas, scotché par cette synthèse époustouflante du progrès qu’arborait Bourzig fièrement en bandoulière, mais au niveau des pieds.

C’est donc un Bourzig tout clignotant du bas qui fit quelques pas dans l’allée afin d’exposer à l’assistance ses deux gyrophares et les 6e4 furent ébahis par le spectacle. Fanny fit remarquer très justement qu’on pouvait à distance le confondre avec un camion de pompier, et Bourzig n’en fut pas peu fier, car venant de l’être aimée, le compliment valait demande en mariage, le pompier étant très bien coté dans nos contrées.

Alors il se répandit en explications, maîtrisant visiblement sa matière, exhiba ses pompes devant l’auditoire, d’abord à cloche-pied, puis accroupi pour que ça fasse de l’ombre, puis extension sur la pointe, puis pieds joints, ensuite jambe levée, et pour finir, exécuta moult rotations de la cheville afin qu’aucun angle ne nous échappe. Les 6e4 clairement conquis l’abreuvèrent de questions éminemment techniques, d’aucun demandant s’il y avait une roulette dessous pour vionzer en marchant, tandis que d’autres s’inquiétaient de savoir, à juste titre d’ailleurs, si on faisait les mêmes en jaune.

Seuls Morgnole et Astapouic firent la moue, peu sensibles à ces clignotements, déclarant que c’était passé de mode, que c’était juste ridicule, qu’ils avaient eu les mêmes à l’âge de cinq ans. Bourzig prit la remarque de plein fouet, alors qu’il était justement en train de coller une basket sous le nez de Trapugne pour lui faire voir les ampoules qu’on voit pas bien quand on est loin. Humilié par l’affront, il me regarda dépité, et je compris que le camion de pompier avait besoin de secours. Je fustigeai donc les deux malpropres en m’engageant devant les 6e4 à faire clignoter leurs oreilles et accessoirement leur arrière-train s’ils persistaient dans leur aveuglement. Les deux lascars m’ayant signifié leur refus catégorique de clignoter à leur tour, j’enjoignis Bourzig à reprendre sa narration.

— Oui alors heu… et la nuit dans ma chambre, mes baskets, ben ça fait comme deux gros yeux…

Ouais.

Visiblement, Bourzig possédait l’art du conteur d’antan, cette façon de diluer le détail affligeant dans un ensemble qui ne l’était pas moins, de joindre l’inutile au désagréable…

— Et mon père, il a dit que c’est pour ça que les chauves-souris entrent dans ma chambre… elles sont attirées par la lumière des baskets…

Cette irruption des chauves-souris dans sa chambre, et donc dans notre affaire, d’un frisson fit raidir mes lombaires, les 6e4 ouvrir grand leurs yeux, quelque peu apeurés, je me vis contraint de tempérer le narrateur Bourzig car avec ses histoires de gros yeux dans le noir et de chauves-souris dans la chambre, il était en train de me foutre la pétoche à toute la classe.

— Oui ben on a compris, mais tu dors avec tes baskets toi ???
— La nuit seulement…
— ?!?!
— Ma mère elle a dit qu’il fallait les porter pour les faire…

Je saluai le conseil avisé de maman-Bourzig mais priai ardemment et en silence afin que Bourzig ne fut jamais sujet au somnambulisme, car je te laisse imaginer cher lecteur les scènes d’angoisse à la vision de deux baskets déambulant aux alentours de minuit dans la maisonnée, ou stationnant devant le frigo.

— Et mon père, il a dit que quand on ira à la chasse, on me confondra pas avec les lapins…
— Je confirme.

Mais si je partageais l’avis de son géniteur, je crus bon de préciser à Bourzig qu’il n’y aurait pas plus de risque de confusion avec les sangliers et les sauterelles, ce qu’il admit bien volontiers, Morgnole ajoutant même que de tels gyrophares au ras du sol, c’était un truc à vous faire fuir les fourmis. Je réitérai à ce dernier ma proposition de clignotement jumelé oreilles/arrière-train, mais il la déclina de nouveau.

Après ces quelques digressions sur l’événement du jour, il était temps de se mettre au travail.
— Dis, tu peux pas arrêter tes trucs Bourzig s’il te plait ??? Ces clignotements, ça finit par être pénible…
— Ben… j’arrive plus à les arrêter…
— ?!?!

C’est donc tous feux allumés que Bourzig passa la séance, clignant des pieds une heure durant.

Mais je ne te cache pas cher lecteur, que de le voir ainsi briller en cours, remplit mon cœur de joie.